Bravo qui ?

La fierté pour ses enfants relève d’un narcissisme naturel, normal, instinctif, et déplorable. Comme une résurgence de sa propre jeunesse qui se pare d’une intelligence reconnue et sanctifiée.

Mon enfant, la chair de ma chair, quand il réussit, est une extension de mon Moi, (quand il échoue il est une extension de son père, disent celles qui ont raté leur divorce).

C’est dans cette ambiance de comices agricoles que les mères postent sur les réseaux sociaux les résultats scolaires de leur progéniture, et les congratulent pour l’obtention du Bac, ça c’est quand elles ne publient pas le bulletin. Pour rappel : 14% de mentions Très Bien en France, et plus encore dans nos milieux parisiens favorisés.
Et nous tous, de « liker » avec appétit.
A charge de revanche.
Bravo mon fils, bravo ma fille, est une façon pathétique, moderne et indirecte de rappeler au monde entier : Bravo Moi !
Alors, peut-on clamer haut et fort le succès de notre enfant sans être complètement immodeste ?
Et surtout, se réjouit-on vraiment pour nos copines qui ont engendré des génies ? Ce qui renvoie la majorité des mères à la désolation de la normalité de leurs enfants.

Au moment où je me lance dans l’écriture de ce post en me demandant quelle perfidie je vais encore pouvoir explorer pour exprimer mon agacement de la mère fière et connectée, je reçois de ma fille chérie une vidéo dans laquelle elle reçoit un « Award ».

L’action se passe à Londres devant un parterre de Directeurs Artistiques venus du monde entier pour assister à l’académie D&AD, et au passage faire leur marché en nouvelles tendances et « New Blood ».

Elle est appelée à monter sur scène, elle porte les mains à son visage, ravale une larme, prend son prix, puis se fait photographier avant d’être interviewée par la presse spécialisée, et vlan !

Ceux qui l’ont connue se frottent les yeux d’apprendre aujourd’hui qu’elle est la lauréate de ce prestigieux concours international de design auquel participent prés de 5000 étudiants des écoles d’art du monde entier.

Parce que pour information pendant longtemps ma fifille  (c’est à dire entre 2 ans et 18 ans) m’en a fait voir de toutes les couleurs. Je raconterai un jour les détails de ses errances dans un livre de minimum 800 pages.

Et puis elle est partie, et l’Amérique l’a transformée. Loin de ses parents disent certains qui n’ont pas peur que je leur en colle une.

Bon j’apporte des excuses à mes contradictions, je ne suis plus à un paradoxe prés.

Mais ça méritait bien un like non ?

Parce qu’en plus, aujourd’hui, « 10 juillet » est un jour un peu spécial.

Bon anniversaire ma Danaé chérie !!!

Je suis trop trop fière de toi.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

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