Carnem et Circenses

IMG_0160Nos habitudes alimentaires conditionnent notre santé, notre peau, notre poids et, sur le long terme, notre espérance de vie. Miroir grossissant, balance avec calcul imc et Michel Cymès sont là pour nous le rappeler.
Alors pour bien faire, nous orientons nos préférences en adhérant sans trop réfléchir à des religions alimentaires avec la certitude d’une foi prosélyte. Un peu de ce qui nous fait du bien + un peu de ce que nous aimons = ce qui nous convient.
Mais ballottées entre des injonctions marketing en tout genre (parfois contradictoires) et des principes assénés du politiquement correct, on se demande alors s’il faut-il supprimer la viande, se mettre au quinoa, ou si nous irons en enfer en cas de refus de consommer cinq fruits et légumes par jour.

Chaque indignation éthique (pétition anti courses de taureaux) ou chaque révélation pseudo médicale poussent des milliers d’individus à consommer du Kale, à ne jurer que par le son d’avoine ou à supprimer tous les produits laitiers, alléguant qu’il en va de notre santé autant que d’un geste écolo nécessaire.

 

Par exemple, quand j’ai appris que les flatulences bovines faisaient des trous dans la couche d’ozone et que les animaux étaient maltraités avant d’être mangés, mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai même failli devenir « veggie ». Et puis malgré ce documentaire insoutenable que font circuler sur le net les végétariens les plus ardus, je me suis ressaisie, les abandonnant à leur teint de craie et la responsabilité de sauver la planète, tout seuls.

J’adore la viande, et j’essaie de rester fidèle à mes goûts avant tout, sans tomber dans ces panneaux manichéens et péremptoires. Ce n’est pas simple quand on vit à Hispsterland, (So-Pi : South Pigalle pour nos amis de province) où les diktats alimentaires sont insidieusement dispensés dans les épiceries du quartier (cf Causses et sa charte qualité), sans parler des pharmacies qui vous vantent le pouvoir des huiles essentielles bio pour résoudre tous types de problème.

Le Doux, hypocondriaque auto revendiqué doublé d’un gastronome au nez/palais des plus fins (hi hi nez palais) est comme un poisson dans l’eau à So Pi. Il y déniche toujours des trucs pointus comme du pain au Kamut, du savon au lait d’ânesse ou du jambon tellement sans conservateur qu’il ne se garde pas plus de quelques minutes une fois tranché.

Je me sens quand même de plus en plus seule au dessus de mon steak en train de regarder une corrida. Encore que ce ne soit pas une situation à laquelle je suis confrontée tous les jours.

Mais si Le Doux m’entraîne dans le No Gluten, je l’emmène à la feria de Séville.

 

 

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

12 réflexions au sujet de « Carnem et Circenses »

  1. Grosse question ! Traitée avec humour une fois de plus 🙂

    J’étais assez sceptique du « sans gluten » pendant longtemps et je me retrouve à devoir faire des tests alimentaires dans une semaine car on (=le corps médical) me soupçonne une/des allergie(s).

    Alors j’essaie de faire attention, de jongler entre la raison (je suis en vacances à Ibiza là), heureuse d’avoir une boulangerie magnifique sans gluten quasiment en bas de l’appart où je suis…

    Et en même temps, j’ai quand même craqué pour un Mcdo ce soir, par « facilité », « simplicité »…

    Pour terminer avec des fraises non bio en dessert, rouges et belles mais sans trop de goût et sûrement pleines de pesticides !

    Tellement facile le grand écart alimentaire …

    Ca me rappelle un sketch de Stéphane Guillon sur le bio… À pleurer de rire!

    Bises

  2. C’est comme pour tout il suffit de ne pas sombrer dans l’excès… Je suis évidemment sensible et contre la maltraitance des animaux en abattoirs ou non mais…j ‘irai quand même aussi à la feria…. de Nîmes… (oui ça le fait moins …;-)

  3. Petit coup de pattes aux régimes du bobo land , qui nous interrogent tous ….en gardant le sourire .
    Merci pour ces quelques lignes de détente
    Christina

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