Catherine Millet à NYU

On ne connaît pas très bien Catherine Millet, en dehors peut-être de sa vie sexuelle. Cet aspect libertin est un peu réducteur et le grand public ignore qu’au delà des alcôves king size et des carlingues de camionneurs se cache une dame extrêmement intéressante qui gagne à être écoutée. 

C’est ce que nous avons fait ; Stéphanie, Michel Alexis et moi jeudi soir à la Maison de France NYU au 16 Washington Mews. Alors qu’à Paris, la FIAC bat son plein, à New York, durant 1H1/2 Catherine Millet, a retracé un panorama structuré des 40 ans de son magazine ART PRESS.  Le charisme est pudique mais présent, les phrases sont hachées et parfois ses yeux se ferment comme pour signifier qu’elle en sait plus que ce qu’elle dit. Elle semble éternelle, sans âge pour la vie, la même tête à chaque décennie (il y a des gens comme ça : Mireille Mathieu, Nana Mouskouri vous voyez ce que je veux dire)

Elle se souvient ….

Et déroule la genèse de son magazine, l’histoire, les débuts, le passage à la couleur, la traduction en anglais, les audaces, le ton, l’originalité, les partis-pris, la personnalité de la maquette, les choix précurseurs, les rencontres artistiques bien sûr mais pas seulement, les premières fois, la difficulté du financement, la fidélité aux idées, la non complaisance.

Avec elle pas question d’échanger un article contre un voyage sous les cocotiers, et si l’idéologie diverge de ses sponsors et bien tant pis.

Depuis 1980 sans aucune subvention, et sans aucune autre aide qu’un peu de pub et quelques abonnés, elle conçoit, produit et raconte avec 2 amis/associés ce qui lui fait plaisir et ce à quoi elle croit s’autorisant de grands développés dans d’autres domaines que l’art : La philosophie, la religion, la littérature, le sexe…

Parfois ça décolle : «j’ai eu la chance de pouvoir interroger Georges Duby sur le principe d’individuation»

zob !

Parce que la vie est ART ! dit-elle.

Concernant la sienne en tous cas, cela ne fait aucun doute.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

2 réflexions au sujet de « Catherine Millet à NYU »

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