Ce qui vous trahit

IMG_0108L’âge de vos enfants qui change tous les ans et le prénom qui vous colle depuis toujours sont les deux indices de la génération à laquelle vous appartenez.

Concernant les enfants conçus très tôt, les choses peuvent s’emballer.

Un peu de calcul terrifiant : imaginons que par deux fois, par la cause d’un mimétisme filial d’une autre époque ou tout simplement par une coïncidence désobligeante, une jeune femme de 17 ans donne naissance à un enfant six mois après son mariage précipité. Imaginons ensuite que cet enfant soit une fille, et que cette fille reproduise cette même erreur de précocité 17 ans plus tard. La première se retrouve grand-mère à 34 ans. Mais si la petite fille 17 ans plus tard a un enfant à son tour.
Vous voilà arrière grand-mère à 51 ans !
Biologiquement ce n’est pas aberrant ! mais socialement c’est difficile. Votre arrière petite-fille ou petit-fils ne saura même pas comment vous appeler tant aucun nom n’a été inventé pour cette configuration. Et puis 51 ans c’est encore jeune, non ? c’est même de plus en plus jeune.
C’est l’âge auquel la photographe américaine Annie Leibovitz a eu son premier enfant.
L’autre élément qui vous positionne sur l’échelle chronologique c’est votre prénom. Il dévoile l’époque. Avant les enfants s’appelaient pareils, il y avait quatre Philippe et quatre Catherine dans ma classe de cinquième B.  Maintenant ils sont les seuls à s’appeler Zadig, Colomban ou Nausicaa.

Tout ça pour dire que si vous vous appelez Geneviève ou Jacqueline vous êtes dans la soixantaine malgré vous. Si votre nom est Catherine, Nathalie ou Brigitte vous avez toutes les chances d’être une quinqua. Si par chance vous êtes une Caroline ou Stéphanie vous êtes sûrement une quadra. Si vous répondez au prénom de Coralie, ou d’Astrid, sûr que vous êtes dans la trentaine. Les cartes se brouillent si vous êtes nées en province, vous avez alors environ cinq ans de moins que la parisienne du même prénom.

On est d’accord, ce n’est pas une règle, juste une statistique, bien sûr si vous avez le bonheur de vous appeler Géraldine ou Pauline en étant dans vos années cinquante, merci à vos parents qui ont été inspirés, ou à votre avocat qui a fait le nécessaire juridiquement pour changer votre prénom.

Vous pouvez toujours essayer aussi de bidouiller votre prénom en le modernisant : vous faire appeler Liane au lieu d’Eliane, ou alors Framboise au lieu de Françoise, Marine au lieu de Martine, Lily-Rose pour Roselyne, Dgini pour Geneviève, Mylène pour Mireille. Je jure que Mylène est mon vrai prénom référencé sur mes documents intimes…

depuis quinze ans en tout cas… Plutôt mourir que de révéler mon prénom de naissance.

(Merci à maître B qui se reconnaîtra)

Post écrit en écoutant l’album The Blue Hours de Fédérico Albanese  mon morceau préféré étant le sublime Time Has Changed. (que je ne trouve pas sur you tube, sorry)

L’illustration est une œuvre de l’artiste Tibo Laget-Rô, dont j’aime définitivement  le trait et la couleur

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

12 réflexions au sujet de « Ce qui vous trahit »

  1. Beaucoup ri en lisant ce billet, il y avait 4 Françoise dans ma classe. Et je date de l’époque où on adorait les prénoms composés, spécialement les Marie-quelque chose.
    Par chance, Marie tout court est assez acceptable de nos jours, donc je n’ai qu’à raccourcir mon prénom et faire semblant que la 2ème partie est en fait un deuxième prénom que je n’avouerai jamais. Et non, il ne commence pas par G.
    Bel après-midi
    MarieG, encore HappyQuinqa pour quelques années
    et très quinquado

    1. Hello Marie G, on peut toujours essayer de cacher son prénom premier ou second (ou de l’avoir oublié) il y aura toujours quelqu’un (ou un événement) pour vous le rappeler un jour ou le faire savoir à autrui. Mais ce n’est pas grave, l’important est de se sentir bien avec.

  2. Tu penses à tout, Mylène! En tout cas, Nancy (my name) c’est bien ringard aux USA, inusité en Grande Bretagne car pendant longtemps un Nancy boy c’était un mec efféminé, voire une tapette (de même on n’ose plus appeler les gamins Dick mais là c’est dans tout le monde anglo saxon). Mais hop! Suffit de changer de pays (la France) et Nancy ça passe tout de suite mieux…Sur ce, bises!

    1. Gonzague est un magnifique prénom rare et intemporel mais il n’y a pas beaucoup de Gonzague quinqua. J’imagine les Gonzague d’aujourd’hui plutôt jeunes.
      Ah ah un garçon de moins de 30 ans sur Happyquinqua !!

  3. L’une de nous correspond tout à fait au profil calamiteux : mère précoce de deux (désormais) vieux enfants et prénom hyper daté que vous citez d’ailleurs (quelle coïncidence !). Terrifiant en effet !

    1. Sacrée expérience en effet que celle de devenir grand-mère trop jeune, la « quinquitude » se vit alors autrement. Sinon, c’est plus facile de changer son prénom que de planquer ses enfants.

  4. le bonheur avec un prenom compose rare comme le mien c’est que ca passe mieux (surtout si tu vis a l’etranger) – quique chaue prenom pris individuellement ….mm… ca fait quand meme ansees 60 …

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