C’était comment avant ?

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Avant (sous-entendu « de mon temps ») quand on avait un rendez-vous d’embauche dans une entreprise, on passait un entretien qui durait environ 30 minutes au cours duquel on pouvait nous proposer une cigarette (vécu) et presque quelque chose à boire. On nous disait ensuite au-revoir en nous invitant à passer à l’accueil dès le lendemain pour y récupérer deux feuilles vaguement agrafées : notre contrat de travail. Ensuite, au bout de quelques années, on passait à autre chose et on faisait un truc qui n’existe plus aujourd’hui : on démissionnait pour aller voir ailleurs la couleur de l’herbe.

Les choses ont bien changé, et désormais avant d’être embauchés les candidats doivent souvent passer par la moulinette d’une batterie de tests psychologiques et graphologiques, qui, au delà de leur mental de bon travailleur docile, reflètent la frilosité de l’entreprise et la peur d’une erreur de recrutement.
Bonne et mauvaise nouvelle, si vous avez plus de 50 ans on ne vous fera rien passer du tout.
Soit vous avez déjà un travail, soit vous avez opéré une évolution positive dans votre rapport au temps et à l’argent.

La digitalisation de la vie professionnelle a démodé prématurément les compétences de notre génération, notre expérience se monnaye à la baisse. Alors on se forme, on s’informe, on s’invente, on s’évente, on se ré-invente… On court même après nos enfants avec une série de questions qu’on dégaine l’air de rien au cours du brunch dominical – « Dis moi juste un truc … ».
Nos enfants deviennent nos professeurs. On prend des notes, il y a dans leurs phrases des mots que l’on ne comprend pas, un mélange de français, d’anglais et d’argot de djeuns. On ose les questions, ils se moquent gentiment.

Alors on se met à la page, on galvanise notre curiosité de mille façons, on défie notre mémoire à l’aide de newsletters pointues et d’applis qui changent la vie. On veut être « aware » sur ce monde qui évolue trop vite. Alors on court, on court, on lance un blog, on découvre la gratuité, on se nourrit de like, un truc addictif qui fait que plus on en a plus on en veut. Soudain essoufflée, on marque une pause pour se replonger dans les fondamentaux : Proust, Flaubert, Chateaubriand des gens comme ça. On ira même jusqu’à exhumer un vieux Rotring à la plume 1.5 avec des pleins et des déliés pour noter les impressions du jour.
Que l’on recopiera ensuite sur Evernote après avoir filmé comme tous les jours une seconde de notre vie sur la nouvelle appli dont tout le monde parle à New York : 1 sec daily cam

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

5 réflexions au sujet de « C’était comment avant ? »

  1. moi, je ne tente plus de rester a flot. je me laisse porter par le vagues comme un bouchon sur la mer. Je fais le minimum pour ne pas avoir l’air trop idiote…
    Mais c’est dur, c’est dur…ça va trop vite. Il ya deux nouveaux UBER, un qu is’appelle LIFT et un autre que j’ai decouvert hier…desolee, je ne me souviens pas.

  2. Les tests parlant en… deux ans et demie dans une entreprise en CDD, à des postes différents, avec à chaque fois des chefs hyper content de mon travail. Au dernier poste, des stats tous les 15 jours, j’ai les meilleurs chiffres…on arrive en fin de contrat, soit en m’éjecte soit en me fait un CDI, pour mes chefs et supérieurs, aucun problème je vais être engagée mais je dois d’abord passer ces fameux tests dans une société externe…
    Là un psychologue décide que si je vais toujours à fond dans mes dossiers, que j’aime le travail bien fait, c’est que je suis tétue !!! et donc que je n’ai pas le profil pour travailler dans cette société car ils ne pourraient pas me changer de poste, car je ne serais pas polyvalente…
    Conséquence les RH se basant que sur son avis et non pas sur mes résultats dans l’entreprise, seront au regret de me dire que je n’ai pas le contrat…bye bye

  3. C’est honteux, mais hélas fréquent. A mon avis, la société a été mandatée pour apporter une preuve bidon. Les boîtes embauchent si peu de nos jours. Tous les moyens sont bons;

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