Etes-vous aptes à l’inopiné ?

Le Doux et moi, nous avions prévu de passer la soirée avec un chou Romanesco Bio agrémenté de mini-penne. Alors que l’eau commençait à frémir, Le Doux, le tire-bouchon à la main, reçut un de ces coups-de fil inopinés qui teste notre rapport à la flexibilité, à la nouveauté et au changement de programme : « Venez donc dîner chez Noto » disait la voix dans le cell.

Il faut beaucoup d’intimité pour appeler des amis une demi-heure avant de passer à table, (quel trou avons nous bouché ?) mais il en faut encore plus pour accepter sans se sentir gênés aux entournures.
« On arrive !.»

Noto est le restaurant de la salle Pleyel, il a été lancé par un ancien du cinéma reconverti dans la restauration. Un voiturier, trois hôtesses, un maître d’hôtel, un sommelier, et peut-être un contremaître, un responsable promo, un directeur des ventes, un community manager, bref un aréopage de gens endimanchés entièrement dévoués à notre cause. Red carpet, ascenseur privé, courbettes à 45°, the totale.
L’ex-dirigeante d’entreprise qui somnole toujours un peu en moi ouvre un oeil circonspect face à tout ce personnel. L’opulence sent l’excès de charges patronales – me dis-je (ou le blanchiment dedans ?).
Aïe, à ce niveau d’Ebitda insoucieux, comment va être l’assiette ?

La question ne s’est pas posée longtemps tant le sujet du jour, du mois de l’année (Election : piège à ON) embarque la conversation.
« Dieu que son discours était mauvais, mais qui donc lui a écrit ?
et Meluche, la mauvaise tête ! au secours ! » (« Ah Meluche si vous m’aviez appelée, comme je vous l’avais proposé, je vous aurais donné quelques conseils sentis gratuits, vous ai-je dit que Le Doux vous aime beaucoup, et je ne parle même pas du Petit Doux qui lui vous vénère.)

Mais, au delà de la joyeuseté de cette amicale soirée, j’accorde au lieu le César de la meilleure lumière.
Les bougies d’un candélabre à cinq branches (5, pas 7, sorry) posé au milieu de la table nous a tous éclairés de son halo lissant doré, de celui qui estompe les ombres et les pattes d’oie, ravale les façades, et réveille les teints éteints. Tout le monde était beau et content de l’être, même le contenu compliqué de l’assiette avait l’air sublime !
Voilà qui compensait tout le reste dont le lapin posé lamentablement à un chou Romanesco / penne et qui prit sa revanche dès le lendemain

… inopinément.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

2 réflexions au sujet de « Etes-vous aptes à l’inopiné ? »

    1. Merci Laurence, pour le livre j’écris laborieusement avec les aléas émotionnels et temporels que cela implique auxquels il faut rajouter la paresse, des urgences diverses, un zeste de procrastination, tiens il y a du bruit, tiens j’ai envie d’un thé… bref vous voyez ce que je veux dire, et en attendant les jours passent et la remise du manuscrit est prévue pour septembre….

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