Etes-vous encore invité à un anniv de trentenaire ?

img_3229Sauf exceptions de type curiosité de la science, hypnose ratée, dévotion chamanique, ou constellation non alignée, il y a des choses qui n’arrivent plus JAMAIS à la femme de cinquante ans, si jeune soit-elle, si Happy Q soit-elle.

Reconnaissons par exemple qu’il ne nous ait plus jamais donné désormais d’avoir une copine enceinte, de rentrer avec un inconnu rondement pétée après un after, de quitter son mari de trente ans (de vie commune, pas d’âge), « d’allaiter » ça aussi on le fait moins, de faire trois fois l’amour dans la nuit, de s’envoyer un Big Mac / Coca dans l’après-midi, d’être invitée à la fête d’un anniversaire en dessous de 40 … etc etc.

Pour ce dernier point, et bien oui c’est possible et c’était même samedi dernier que nous étions invités à la soirée d’un trente cinquième anniversaire.

35 ans ! Mazette, pour nous c’était hier, mais c’était surtout il y a longtemps. Qui donc a 35 ans dans notre carnet d’adresses, en dehors d’une nièce et d’un cousin second ?

L’invitation à cette fête avait pour origine une union bi-générationnelle (comprendre vingt ans d’écart). C’est elle qui célébrait son anniversaire, pas lui (Emmanuel inviterait-il le tout Paris pour fêter l’anniversaire de Brigitte ?), ils avaient donc tous deux convié leurs amis.
Ce qui signifie que la moitié des convives avait 35 ans et l’autre moitié 55.

Ce grand mélange 30/50 (ans) à 50/50 (%) s’est opéré dans une compacité des plus heureuses et nous, la seconde moitié, n’étions pas en reste sur le dance floor à bousculer nos articulations au rythme des principaux tubes des années 90 (Desireless, Philippe Lafontaine, Chagrin d’amour…) que le DJ avait la délicatesse (ou la charité) de passer en priorité.

J’ai retenu de ce moment quelques observations :

1/ les « trenta » connaissent les paroles de NOS chansons par coeur, presque mieux que nous – Mais pourquoi ? ça reste un grand mystère, parce que nous, nous ne connaîtrons jamais celles des tubes de la Fouine ou de Maître Gims.

2/ Stevie Wonder quand le gâteau arrive c’est terminé. Oubliez son Happy Birthday to you, place autre chose, à vous de l’inventer. Nous nous sommes précipités sur Shazam pour identifier ce qui avait été choisi par le DJ pour ce moment de rassemblement autour de la reine de la nuit, et c’était juste inouï de ferveur. Je vous offre ce petit bijou que nous écoutons en boucle depuis trois jours.

3/ la musique est tellement forte !!! Bien plus forte que « de mon temps », (expression normalement interdite sur ce blog tendance) hors de question de communiquer autrement que par des sourires appuyés et ce geste de la main aux trois doigts centraux pliés qui, en se rapprochant de l’oreille signifie « on s’appelle ». Mes oreilles meurtries ont mouliné un grondement sourd encore longtemps après l’arrêt des festivités.

4/ En vingt ans, la façon de danser a changé. Le trentenaire bat la mesure avec son bras droit, l’index pointé qui monte et qui descend dans un rythme d’automate, tandis que la tête et les hanches suivent un mouvement ressort. Les quinquas procèdent autrement. D’abord il n’y a plus qu’eux pour danser un truc d’un autre siècle qui s‘appelle le Rock.
Pour les autres quinquas plus solo, il a ceux qui se dodelinent gentiment, et les autres (comme moi) qui ne se sont jamais remis de Fame ou de l’examen final de Flashdance, et qui se déchaînent jusqu’à ce qu’il y ait un truc qui casse (un talon ou un tendon).

5/ Sur le coup de 1H du matin, c’est soudain la désolation. Où sont partis les confrères, consoeurs et autres happy Q dansants ? « Les vieux sont rentrés se coucher » dis-je au Doux « il ne reste plus que les jeunes » me répond-il (sous-entendu « nous »). En fait je les vois les quinquas qui sont, agglutinés à l’open bar, en train de reprendre des forces. Ils rendent un hommage musclé à la vodka que les serveurs versent généreusement dans leur verre à eau. L’ultime couche d’alcool après le champagne et le vin, et avant le dernier tour de piste frénétique pendant que les jeunes déclarent forfait.

6/ Le lendemain prévoir tout de même un massage, une aspirine, un café et un sevrage en alcool prolongé de quelques jours. Le tout arrosé de tisanes détoxifiantes, puis, ne pas bouger d’une semaine, sauf pour constater les courbatures là, là et aussi là.

Le tableau présenté ici en début de chronique est une oeuvre de Marie-Line Greffard – Lauréate du prix de la fondation Taylor attribué dans le cadre du Salon d’Automne pour son tableau Timelive trois.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

3 réflexions au sujet de « Etes-vous encore invité à un anniv de trentenaire ? »

  1. Encore un post qui nous fait bien rire !
    Il nous arrive d’être au milieu de trentenaires (l’âge de nos enfants) et le danse floor ne nous fait pas peur, bien au contraire, sur le moment nous oublions l’arthrose de la hanche ou du genou….c’est vrai, ces gamins adorent des chansons que nous jugerions plutôt ringardes, du style Gigi l’amoroso de Daloda, et s’amusent bien !
    Par contre, ils ne connaissent plus les slows ! Ils ne savent pas ce qu’ils ont perdu, nous on en garde de si bons souvenirs…

  2. Mais qu’est ce que c’est que cet OVNI : Eric Prydz ?
    C’est étrange, mais cette musique me donne des frissons, me rend toute chose, je suis presque en lévitation; pourquoi ? J’adore ! C’est Mystère et boule de gomme…

    En tout cas double merci :
    1 – pour cette découverte musicale spatiale
    2- pour ce pur moment rigolatoire.

    Cette génération Y est étonnante quand même, parfois je me dis que je suis née trop tôt car cette génération arrive vraiment à un moment passionnant au cœur d’une mutation comportementale et économique majeure.

    Sinon pour les lendemains d’une fiesta alcoolisée pour le « sevrage en alcool prolongé de quelques jours » = Surtout pas malheureuse ! C’est tout le contraire même…
    Allez ! parce que je suis une bonne personne je vais vous livrer le « Parfait après les excès »
    (« La fantaisie virginale » est moins appropriée dans ce cas, pense-je).

    Le super jus santé (nécessité centrifugeuse ou extracteur) après une fête :

    – Carottes : 6 non pelées – Enlever les 2 extrémités si elles ne sont pas bio (ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais fichetrement rien).
    – Radis : 4 avec les feuilles
    – Pommes : 2 non pelées avec trognons.
    – Vodka : 1 trait à mélanger au jus fini.

    Bon le problème pour moi c’est cette unité de mesure appelée « trait » ; dans le doute, je mets un verre mais pas à bourgogne non plus, ce serait exagéré.
    Bref si vous l’expérimentez, je vous laisse à votre appréciation (et discrétion) la largeur du trait.

    Sur ce, Hasta la vista Happy Quinqua…

Laisser un commentaire