Faut-il célébrer (encore) son anniversaire ?

IMG_3276On a l’âge de son dernier anniversaire jusqu’à la veille du suivant, c’est comme ça. Le « et demi » n’existe que jusqu’à l’âge de 14 ans.
Je suis née le 7 novembre,  et jusqu’au 6 novembre minuit j’aurai l’âge que j’ai depuis un an. Ensuite je devrais m’endormir en ayant honoré d’un coude prodigue Saint Julien ou Saint Emilion, et me réveillerais avec un casque à pointe inversée et un an de plus au compteur

Alors faut-il (en plus) faire une fête pour célébrer cette année supplémentaire ?
Oui et non.
Oui parce que faire la fête, c’est toujours bien, ça fait plaisir et ça fait jeune, même si on pique du nez à 1H du matin. Oui aussi pour prouver qu’on a intégré à quel point l’âge est une abstraction.
Non, parce qu’il y aura toujours quelqu’un pour demander à qui le sait « ça lui fait combien ? » et que dans dix ans on se souviendra du chiffre annoncé lors de ce moment festif et on rajoutera 10.
Bien sûr certains conseilleurs diront, « Mais alleeeez, c’est l’occasion ! «   (c’est le cas de le dire). Bon pourquoi pas, mais alors soyez gentils, pas d’anniversaire surprise. On a passé l’âge de ces choses-là.
Pour ceux qui adorent, ok. Mais moi, ne me faîtes jamais vivre un truc pareil. Voir les invités sortir de derrière le canapé, hilares, brandissant leur coupe me met (rien qu’à l’idée) le palpitant en panique. (Je pense au film de Lauzier où Depardieu arrive chez lui en rentrant du travail – l’électricité a été coupée pour les besoins de la surprise – et les invités sont là, tapis dans le noir, il reçoit à ce moment-là un appel de sa maîtresse. Après un échange sans équivoque, les lumières se rallument sur le visage déconfit de tous, surtout de l’épouse.)

Et puis vous voyez le tableau : ravaler ses larmes, retenir sa gêne, gérer un mutisme prolongé, avec ce sentiment de ne pas être à la hauteur de ceux qui se sont donné autant de mal pour vous… Dans ces cas-là un discours de remerciement s’impose, si possible avec esprit, sensibilité et la bonne voix bien placée. Aïe aïe aïe…
Faîtes que jamais personne de très proche ne se marie ni ne meure, épargnez-moi à jamais l’épithalame ou l’oraison.

Vive les célébrations intimes, les tête-à-tête face au soleil couchant où rien ne sera aussi merveilleux que cet instant présent qu’on selfizera rien que pour nous. Mais si vous n’avez sous la main ni le soleil couchant ni l’accompagnant pour cette émotion romantique, pas d’affolement, une bouteille de blanc ouverte dans la cuisine avec deux ou trois copines fera l’affaire. Allumez les bougies, montez le son, poussez les meubles, faîtes péter le champ’ et postez en direct les images sur Instagram Facebook tout en remerciant collectivement les quarante camarades qui ont rivalisé d’esprit pour rédiger à leur façon une alternative moins banale à l’expression « Bon anniversaire » qui en soi est un souhait aussi flou qu’absurde.

Il y a aussi l’option de « fêter l’anniversaire » de l’Autre dans la non-surprise.
Lui demander sa liste d’invités, son menu, sa musique, son cadeau.
Que du su, que du sûr.
Mettre à fond notre tube du moment, et tourner tourner dans les bras l’un de l’autre

Happy Birthday Le Doux !

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

7 réflexions au sujet de « Faut-il célébrer (encore) son anniversaire ? »

  1. Ah ah ah ! Mais bien sûr qu’il faut fêter l’Anniversaire !!! Et en particulier celui du Doux… Faites péter le champagne, un bon diner, de la musique et… Bonne soirée !

  2. Plus vraiment une joie de fêter son annif. Mais, cela reste un jour particulier. Des coups de fil, des messages sur FB, des manifestations d’amour ou d’amitié.. des cadeaux me font quand même toujours hyper plaisir.

  3. Happy birthday happy quinqua !

    Ce billet m’inspire deux réflexions :

    – Lorsqu’il s’agit de fêter un anniversaire, surtout, combattons la procrastination (excellent billet !) qui est alors du plus mauvais effet.

    – Quand on célèbre un anniversaire, on oublie presque toujours la maman ; pourtant, elle se souvient très bien (et pour cause) du jour et de l’heure où l’enfant est venu au monde. Et encore mieux si la naissance est antérieure à l’invention de la péridurale.

    Bravo et merci pour ces billets inpirés !!!

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