Faut-il raconter ses bides ?

A l’heure où chacun étale son bonheur pensant le partager, l’autodérision semble en perte de vitesse. Et si au lieu d’envoyer à ses amis la photo de son pied aux ongles vernis sur fond de mer turquoise, chacun y allait de sa petite déconvenue et nous racontait son petit bide de la journée, le tout avec un sourire distancié et complice ? Finalement est ce que ça nous rendrait pas plus heureux ? (Comprendre : est-ce que ça nous agacerait moins ?).IMG_5364 Les jeunes ont VDM mais nous, les autres, les quadras/quinquas, pourquoi ce besoin de toujours se raconter via le prisme de l’idylle. Et même si je reconnais là une forme de coquetterie légère je vous propose aujourd’hui mon premier billet « made in la loose ». Récit de mon dernier bide.

Les toilettes du Lounge d’Air France sont toutes occupées, alors je vais chez les hommes, et là les 6 portes sont également fermées. Ce n’est pas normal, et vais signaler le problème à l’accueil. L’hôtesse appelle le responsable de la maintenance, mais comme il n’est pas là, elle laisse un message et appelle le superviseur qui dit qu’il arrive de suite. En attendant l’hôtesse me propose que nous allions voir ensemble. En chemin elle croise une copine hôtesse à qui elle dit qu’il y a un problème aux toilettes, elle se joint à nous. Nous nous retrouvons tous ensemble avec le gars de la maintenance, le technicien, le superviseur, l’hôtesse, sa copine et moi devant une des portes de toilette fermées. A ma grande stupéfaction, l’hôtesse l’ouvre alors sans aucun problème. Tous me regardent alors l’air interrogatif. Je dois leur avouer qu’au lieu de pousser la porte pour l’ouvrir en fait… je la tirais.

Il  y a des jours comme ça où, submergée par la honte, on hésite entre partir se suicider et partir d’un fou rire.

Alors faut-il raconter ses bides ? En fait non.

Mais c’est trop tard, c’est écrit maintenant.

Afin d’éviter toute commisération éventuelle et pour me rehausser un peu après cet auto bashing, je vous offre de partager la vue de l’endroit où je me trouve. A droite la mer, en face la mer, tout au fond à gauche les building de Miami city, tout au fond à droite South Beach, sous ma fenêtre la réserve naturelle de Crandon Park, derrière moi Key Biscayne.IMG_5370

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Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

9 réflexions au sujet de « Faut-il raconter ses bides ? »

  1. Gentil bide… Pas vraiment méchant, plutôt une faute d’inattention.

    Ce pseudo auto-bashing, pour reprendre l’expression de notre rédac-chef de Happy Q, pour mieux prendre sa revanche !!!

    Qu’est-ce que c’est que cette vue idyllique, ce ciel bleu roi et la mer itou ??? On en bave de jalousie (en tout cas, moi – enfin au figuré, sinon je vais noyer mon clavier).

    Ici, je pousse mon wagonnet dans la mine, expression qui comme chacun l’aura compris, signifie que pendant que certaines se la coulent douce au soleil, je travaille, enfermée entre 4 murs parisiens, certes bien placés et avec une jolie vue mais pas la mer !

    Allez bizooo quand même l’américaine !

    M

    1. Merci pour ton commentaire qui sent la bienveillance bien plus que la jalousie, je suis à Miami chez un copain, parce qu’à New York il faisait trop froid, Une bonne raison non ? C’est cool et la vie est belle j’espère qu’il en est de même pour tous. Baisers….

  2. Je suis pour raconter nos bides !! je te rassure, on a toutes un stock de GMS (grands moments de solitudes…tiens, je viens de l’inventer !) J’adore ta sincérité et « drôlerie » de fausse looseuse quinqua…je profite pour te dire, Ma Chère Mylène, que je prends un vrai plaisir à te lire avec ta plume toute singulière. D’ailleurs lorsque je te lis, je t’entends ! Enjoy Miami. Kisses. Viviane K

    1. Oh merci Viviane, c’est gentil.
      Je garde le souvenir d’un dîner chez Delphine où nous y allions chacune de notre expérience « drôle, bide & loose » (DBL) tu étais placée sinon gagnante !

  3. C’est vrai ma chère que nous divertir avec une micro humiliation même pas vraiment public pour nous asséner ensuite cette vue paradisiaque au beau milieu de notre hiver parisien est un peu, comment dirais-je?… vicieux ?
    Mais nous sommes tellement heureux d’avoir de vos nouvelles ! Qui comblent un peu votre absence…

    1. Bon, promis, la prochaine fois je jouerai le Bide & Loose jusqu’au bout : l’ampoule au pied, le talon cassé, la gastro qui sévit pendant le « date ». .. ah tiens j’en ai une pas mal aussi, il y a quelques jours j’étais à New York dans un Duane&Reade et je ne sais pas à quoi je pensais mais quand la caissière m’a rendu la monnaie au lieu de lui dire « Thank You » j’ai dit (comment c’est possible!) « Sex You ».

  4. Les bides comme dans votre dernière réponse qui pourraient sortir de la belle époque du début de  » Sex in the City » on en redemande…En plus vous nous faites toujours envie avec votre grande vie aux States, et maintenant au Lounge AF ! Lors de notre dernier voyage en Thaïlande et le Cambodge ( voir sur le blog si intérêt…), en transit à Paris, nous nous sommes égarés dans ce lieu. Moment privilégié, je ne sais plus combien de flûtes (et non pas de coupettes de Deutz) j’ai dégustées… Évidemment, lors de notre retour, toujours en transit à Paris, nous voulions faire pareil en salivant déjà à l’idée d’un peu de Chamapgne, mais cette- fois, contrôle à l’entrée « Vous êtes en Buisiness Class ? » …Non, donc éjectés !

  5. je pense que tu te bats la coulpe pour des raisons sans importance. L’intensite avec laquelle tu vis chaque moment de ta vie pour ne rien manquer,t’amène parfois a boxer le vide…je connais. Ce sont des choses qui arrivent a tout le monde, des dyslexies qui surgissent aux moments les plus anodins…Va savoir pourquoi..et grâce a Dieu, nous aurons toujours la Floride a portee de la main pour réchauffer nos corps sous les palmiers…et New York pour aiguiser nos esprits…

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