Fishing for complimentaries

C’était trop tentant, j’ai réservé 2 couverts dans un restaurant de New York : le Collochio & Sons en disant que j’étais une French Blogger Food Critics. Après tout, vrai ou faux, c’est la posture qui compte, n’est-ce pas ? Je décide donc je suis, il en va de même pour certains métiers : photographe, directeur artistique, écrivain, peintre… c’est celui qui dit qui l’est. Alors après qui va vérifier le chiffre d’affaire facturé lié à la profession revendiquée ?photo

Au cas où j’aurais été quelqu’un de très important, le Colicchio & Sons avait décidé de dérouler leur red carpet. J’ai donc adopté l’attitude ad hoc de tout Food Critics qui se respecte : un sourire distant, une politesse froide et un regard que l’émerveillement n’atteint jamais. A chaque plat, j’ai sorti mon téléphone pour photographier minutieusement chacun des plats. J’ai un peu honte du résultat car mon I-phone 4 ne voit pas la même chose que moi. Si tu m’autorises à persévérer malgré mon indiscipline il faudra que je m’offre un appareil qui réussit les photos. Bref, nous avons commandé 4 plats en tout, mais, en comptant les amuse-bouche, il nous en a été servis au moins 10 + lichette de vin + cookies pour le petit-déjeuner du lendemain en cadeau de départ …. Joli non ?

Alors en réponse à ce ballet de serveurs amidonnés et attentionnés, pleine d’une gratitude amusée, je me dois d’effectuer en retour quelques révérences stylistiques et d’en extraire en priorité les points d’excellence.

D’abord le lieu, situé sur la 10 ième avenue, 18 st, entre Chelsea et le Meatpacking, le Colicchio & Sons est loin de tout mais prés de là où ça se passe le soir ce qui pour un restaurant est essentiel. Cet ancien entrepôt réaménagé dans un décor très New York n’en est pas moins chaleureux, malgré sa brique, son volume, et son mur de bouteilles. Mention spéciale pour les 2 éléments que je considère avant toute chose, surtout si le dîner est … (là, clin d’œil appuyé): le bruit et la lumière. Les 2 sont faibles, c’est le point fort.

On peut se parler sans hurler et se regarder sans se demander si un raccord maquillage est nécessaire.

La vaisselle est simple, tous les plats sont servis dans la même assiette blanche. C’est curieux, en général dans ce genre d’endroit mode, il y a toujours un rebord incurvé, une signature, une transparence, une couleur, un truc qui dit « là c’est nous », et bien non, pas ici.

Mais est-ce que c’était bon ?

Oui, bien, genre italo américain avec quelques audaces dans les associations et globalement une démarche culinaire propre et professionnelle. Mais avec un tel décor, une telle branchitude, une telle ambiance, un tel service, faut-il rentrer dans le détail des saveurs du risotto au crabe, du poulpe aux agrumes ou des fusilli au sanglier ?

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

7 réflexions au sujet de « Fishing for complimentaries »

    1. En fait j’ai senti tout au long du dîner comme un mouvement crescendo d’envie de surprises et de séduction, les amuse bouche se voulaient sérieux mais pas prétentieux, le serveur, fier du plat qu’il sert prend bien soin de ne pas couper la conversation (c’est si rare aux US), l’équilibre se ressent partout même dans le volume de nourriture, la présentation des plats, c’était pas mal mais peut-être n’étais-je pas vraiment concentrée sur la cuisine.

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