Flash Back

Alors après 3 semaines d’Amérique la moins profonde, de Boston à LA et de San Francisco à Cape Cod, l’envie de poser mes valises me saisit soudain, au propre comme au figuré. Et histoire de me réancrer dans des fondamentaux familiaux je saute dans le premier train, et me laisse glisser lentement vers le sud de la France. Mon ancre à moi, c’est Collioure, un village ravissant au bord de l’eau, près de l’Espagne, qui voit débarquer l’été des hordes de vacanciers qu’il faut nourrir, loger, amuser… Collioure, en chiffres, ça donne (environ) 3000 habitants l’hiver et 30 000 l’été, ça frôle le tsunami humain.

Les gens du village ont donc transformé et segmenté leur habitat en milliers de petits appartements meublés qui, accueillent ces estivants pour le plus grand bonheur des uns et des autres (surtout des propriétaires, la rentabilité locative même saisonnière d’un bien immobilier à Collioure dépasse de très loin celle de Paris 16).

C’est une région dominée par des vents dominants, parfois capricieux, mais souvent prévisibles comme la Tramontane qui souffle par tranches de 3 (3 jours, 6 jours ou 9 jours) et développe chez les l’autochtone une légère tendance à la nervosité et l’agitation. D’où le caractère “caliente” bien connu du catalan que, sans vouloir stigmatiser, je vous conseille de ne jamais prendre de front. Il se trouve que mes 8 arrières grands-parents sont nés à Collioure intra-muros. Autant dire que j’en distille pudiquement à la fois une vague fierté et une certaine circonspection. A l’époque le tourisme de masse n’existait pas, il y avait sûrement moins de 3000 habitants hiver comme été. Ce qui signifie, me dis-je, même sans avoir de grandes notions de statistiques, qu’ils devaient être tous un peu cousins ces gens-là, non ? Une frayeur me traverse l’esprit à l’idée d’une possible consanguinité qui justifierait alors mes craquements de hanches, mes capsulites rétractiles et mes TOC multiples.

Sans porter offense à la vertu de mes trisaïeules, je me surprends à imaginer ce qu’une hypothétique infidélité aurait apporté comme avantage à la qualité de mes gènes et à celui de ma parentèle descendante. Mais là encore, seul le vent connaît la réponse.

 

En photo devant le clocher : Point de Vue, une œuvre de l’artiste Marc André 2 Figuères

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

8 réflexions au sujet de « Flash Back »

  1. Je comprends mieux votre vivacité d’esprit et cet enthousiasme qui vous anime. Collioure est un endroit merveilleux qui m’a tout de suite séduit (comme votre blog) mais surtout ne le divulguez pas davantage afin d’y préserver encore quelques tranches de paix et de sérénité après le reflux du tsunami humain estival !
    Quand à vos petits tracas de santé, je crains hélas qu’ils ne soient communs à beaucoup de quinquas même ceux dans le vent !

  2. Je rentre de vacances : 1 mois à Céret. J’aime Collioure par-dessus tout mais préfère y aller hors période estivale car je goûte mieux la beauté du village et des points de vue concoctés par Marc André 2 Figuères. Et dieu que la lumière y est belle en hiver lorsque la tramontane souffle. Je confirme le caractère des catalans (merci papa !).

    1. Ah la jolie place de Ceret avec ses platanes centenaires, j’adore !
      de même le musée est moi un lieu de pélerinage annuel quasi obligatoire.
      Je vois que notre star m@2f est connu de tous !

      1. Pour moi aussi la visite au musée s’impose tous les ans. Même si cette année j’ai été légèrement déçue par l’expo dédiée à Antoni Tapies, je m’attendais à plus d’oeuvres exposées.

  3. Chere Happy quinqua, il faut au contraire vous feliciter pour votre parentèle descendante de cette « consanguinité inta-muros » car, comme pour les maïs hybrides, elle redoublera de vigueur… a condition, par contre, que vous ayez, vous-meme choisi une lignee paternelle tres eloignee genetiquement (et donc vraisemblablement geographiquement) de la votre… Ce que, au vu de ce que je connais de votre descendance, est largement confirmé, n’est-il pas ?! En revanche, pour vos capsulites et vos toc, c’est pas de bol…

    1. Voilà qui ravira mon fils semi-breton et ma fille semi-picarde.
      « un peu d’anglo normand pour améliorer les antérieurs » comme dirait ma copine C.

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