Happy Q sous X

Bonjour, voici comme promis mais avec un peu de retard la première publication de Happy Q sous X rédigé par une main extérieure, disons une main autre que la mienne. Merci à son auteur d’avoir osé l’écrire et l’envoyer. Je rappelle l’adresse à ceux qui voudront bien se lancer HappyQsousX@gmail.com

Il n’y a aucun filtre, c’est publié tel quel

Happy Q sous X c’est notre supplément week-end 

Bonne lecture, bon dimanche.

 

Pour la troisième fois depuis le début de ce premier acte interminable, elle se demandait ce qu’elle faisait là.

L’opéra n’était définitivement pas son kif.

Un moment elle crut pouvoir entrer dans l’histoire incompréhensible qui se déroulait en allemand sous ses yeux, mais il avait suffi d’une soprane un peu criarde pour qu’elle perçoive tous les sons provenant de la scène comme une pure agression.

Elle en revenait toujours au même constat, l’opéra était à la musique ce que la bande dessinée était à la littérature.

Lui, il aimait.

Il bougeait à peine, fixait du regard cette mezzo un peu forte, fermait les yeux un instant, souriait quand il sentait mes yeux posés sur son profil.

En réalité elle savait très bien pourquoi elle avait accepté son invitation à l’Opéra.

Elle se mordit la lèvre en y pensant, elle avait juste envie de lui.

Voilà plus de deux semaines qu’ils s’étaient croisés chez les van Kan, et qu’ils avaient passé la soirée à échanger des regards furtifs dans la cohue de ce vernissage supra-chiant. D’habitude les hommes sont vite insistants avec elle, mais lui, non : il la regardait en coin, avec ce sourire insupportable et désarmant, mais rien de plus. Elle était même allée vérifier son maquillage et son décolleté dans la salle de bains, mais rien n’y faisait, apparemment.

Virginie lui avait dit qu’il était avocat à Genève, et qu’on ne lui connaissait aucune aventure bien qu’on lui en prêtât beaucoup. Elle avait été éconduite, un an plus tôt, avec beaucoup de courtoisie mais la blessure était visiblement encore ouverte, et Virginie comptait sur elle pour la venger.

La vengeance tombait à plat, de même que tous ses efforts pour que ce Suisse insupportable fasse le premier pas.

Oh là là ! La soprane encore, quelle horreur !

Et dire qu’il avait concédé que le deuxième acte était moins bon !

Finalement c’est pendant qu’elle repoussait avec difficulté les avances crues du maître de maison qu’il la prit soudain par la taille en la faisait sursauter et lui dit, d’une voix plus grave qu’elle ne s’y attendait : « je vous raccompagne ? ».

Ce n’était même pas une question, et tout lui donnait envie, rien que pour l’emmerder, et parce que c’est comme ça qu’on s’attache les hommes, de lui répondre « non merci »…

Mais sa main restait posée sur sa taille, et la pression qu’il exerçait, un peu plus appuyée qu’il eût convenu, la lui faisait sentir comme directement sur sa peau nue. Il avait planté ses yeux vers dans les siens, avec toujours ce sourire troublant, mi-assuré mi-ingénu. Il savait qu’elle aurait du refuser, il lisait son hésitation, un aveu déjà.

Elle esquissa alors un sourire idiot, et prit congé du vieux van Kan, visiblement pris de court lui-aussi, et passa son bras dans celui de l’inconnu pour se diriger vers le vestiaire…

Dans la voiture, elle se jura de ne pas aller plus loin dans l’abandon de tous ses principes de séductrice, et préparait avec délectation sa réplique, quand il lui proposerait un dernier verre, en bas de chez elle….

Elle s’entendait lui parler, de tout et de rien, de Genève et de l’Italie, mais ses pensées étaient ailleurs, comme ce soir…

Mais pourquoi disait-il détester le plafond de Chagall ?

Tout le monde aime ce plafond de Chagall ! On dirait un dessin d’enfant, c’est délicieux dans cette enceinte chargée d’ors et d’histoire.

Ce soir-là elle put ranger sa réplique qui tue, parce que Nicolas se contenta de l’embrasser sur les joues, juste au bord des lèvres, et d’attendre qu’elle soit rentrée dans l’immeuble pour démarrer.

Il l’avait invitée à l’accompagner à une soirée, quelques jours plus tard, et il avait été plus pressant, mais à nouveau aucune avance en la raccompagnant…

En tout cas il n’était pas gay, elle le sentait bien ; malgré son élégance, ses manières un peu old school, il dégageait beaucoup de masculinité, notamment parce que son corps mince était beaucoup plus musclé qu’il n’y paraissait, et parce qu’il avait une conscience évidente de ce qui en lui faisait monter le désir chez les femmes, et il en jouait aussi bien qu’une femme joue de ses appâs…

Ouf ! l’entracte !

Ils se dirigèrent vers un grand salon où l’AROP recevait ses invités, et Nicolas lui tendit une flûte de champagne, saluant des gens de la tête en levant son verre ; visiblement, il venait souvent. Tandis qu’elle admirait la cheminée monumentale,  il prit sa taille à nouveau, et descendit sa main sur sa hanche, arrêtant son index sur son string, comme un reproche.

Elle se dégagea en souriant et se dirigea vers les toilettes pour hommes, parce qu’une file interminable de vieilles rombières attendait devant la porte des dames.  Elle rajusta son décolleté, et ôta son string, puis le jeta ostensiblement dans la corbeille à serviettes sous l’oeil torve d’un ado écarlate flottant dans son smoking de location.

Elle le retrouva devant la porte de leur loge, et tandis qu’elle marchait avec lenteur vers lui, elle vit son regard se poser sur sa hanche, là où on ne voyait désormais plus trace de la moindre lingerie…

Pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, il semblait perdre l’initiative ; il était visiblement surpris et il avait du mal à la regarder dans les yeux. Il n’était d’ailleurs pas impossible que sa robe fut légèrement transparente…

L’ouvreuse déverrouilla la porte, et il la referma derrière eux.

Mais au lieu de l’emmener s’asseoir sur leurs chaises, il la plaqua contre la cloison, avec cette force douce tellement sexy, et l’embrassa longuement, tandis que ses mains chaudes parcouraient son dos nu, ses épaules, sa nuque.

La salle retrouva l’obscurité, et les applaudissements du public pour l’orchestre qui saluait couvrirent le soupir qu’il lâcha à la fin de ce baiser. Un putain de baiser ! A nouveau il perdait le contrôle, elle ne savait plus si elle jouissait plus d’avoir repris la main ou de sentir contre son ventre le désir de Nicolas monter.

Tandis que le rideau se levait, il releva sa robe jusqu’à la taille, et passa sa main en-dessous, sur le bas de ses reins, sur ses fesses, en mordillant le lobe de son oreille et en l’embrassant dans le cou.

Visiblement il n’avait pas l’intention d’en rester là, et elle eût un instant de panique délicieux en pensant aux gens qui étaient juste de l’autre côté de la cloison, à l’ouvreuse qui pouvait à tout moment faire entrer d’autres spectateurs… Elle n’en avait que plus envie de lui, maintenant, et elle défit un à un les boutons de sa braguette, libérant le sexe de Nicolas, qui poussa à nouveau un soupir rauque quand elle le prit dans sa main et le caressa.

Il la souleva si brusquement qu’elle frappa violemment la cloison avec sa main, mais il la tenait bien, et elle reprit son sexe pour le guider vers le sien. Il s’enfonça en une seule poussée très lente, elle le mordit à l’épaule à travers sa chemise ; ils bougeaient lentement l’un et l’autre, avec des ondulations du bassin qui la faisaient frissonner tant le sexe de Nicolas semblait explorer le sien.

Faisant demi-tour, il s’assit sur la petite banquette de velours carmin, toujours en elle, et elle y posa les genoux. Il avait écarté une des bretelles de sa robe, et tout en enfonçant sa langue dans sa bouche, Nicolas prit son sein dans sa main et le serra presque trop fort ; elle sentit que les mouvements de son bassin étaient sur le point de le faire jouir. Elle ferma les yeux et laissa l’orgasme monter en elle.

Il l’attendit encore, juste ce qu’il fallut pour qu’elle le rejoigne, et ils partirent ensemble presque sans un bruit, elle les jambes tremblantes et lui la serrant par la taille d’un bras crispé.

Ils restèrent sans bouger encore un long moment, elle sentait les spasmes de Nicolas en elle ; il rouvrit les yeux, eût à nouveau ce sourire insupportablement charmeur, et desserra légèrement son étreinte, remontant la bretelle de sa robe et caressant lentement son dos, ses bras, puis ses cuisses. Ces caresses augmentaient le plaisir qui rayonnait dans son bas-ventre, elle prit la tête de Nicolas entre ses mains et l’embrassa longuement.

Elle se releva, le recoiffa vaguement pendant qu’il rajustait son smoking, pouffa de rire en voyant le pitoyable résultat obtenu, remit ses escarpins perdus dans la bataille, et ils reprirent leur place sur les chaises du premier rang de leur loge, sous les regards en coin de leurs voisins de part et d’autre… Ils ne sortiraient pas de leur loge, au second entr’acte…

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

8 réflexions au sujet de « Happy Q sous X »

  1. Mais, comment ne pas aimer l’opéra après cela? Cauchemar psychomoteur des masses incultes qui ne se doutent pas ce qui se passe aux balcons. Opéra capable de transformer, la charge très lourde de la cavalerie Allemande, en charge légère de la cavalière, ou de la cavalière légère. Toutes les épices ne sont pas accessibles au Lempen prolétariat, le piment pour lui se situant plutot vers les jeux à onze en short qu’en duo deculloté. L’accès a la kulture est un droit, permettant d’envisager dans ce cas, les ébats autrement que dans la position du missionnaire, ou au mieux éventuellement, parfois, le premier samedi de chaque mois, sur une chaise en formica
    Mais, élevons les ébats, vertus… thérapeutiques du quotidien, donnons le loisir culturel à la plebe de s’envoyer en l’air sopranique, sur du velours, et dites surtout à Robert, plombier de son état, qui peut etre un jour aura la chance, de souiller copieusement le velours prestigieux, de demander à la Teutonne baritonne, euh! soprano, d’intercéder en la faveur d’une restitution du vélo, que ses congénères on piqué à mon grand père en quarante.
    Non non, pas d’inquiétude, l’internationale ou le célèbre refrain, » et de un, et de deux, et de trois » ne se déclinerons pas en mode lyrique sous la coupole, le bleu de chauffe n’est pas autorisé en ces lieux.
    1789, année des grandes réductions, très médiatisée par Guillotin, pas 1664, chiffre beaucoup plus évocateur pour le fameux Robert, ne fut pas un tremplin social, tous n’ont pu se garantir une place dans les loges. Mais pendant ce siècle, là, ou se fourbissait les oeuvres magistrales et ou l’aventure sexuelle meme minime ruinait la réputation d’une femme. L’amour(?) se payait au prix fort, une faiblesse, et c’était le couvent, à ce jeu, notre jeune cavalière aurait certainement profité d’une bonne réduction la tete dans le panier. Vive les révolutions. Champagne …

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