Happy Quinqua au Club Med

Si vous êtes un enfant, un jeune diplômé sans travail, un sportif anonyme, un alcoolique solitaire (et vice versa) ou alors un célibataire avec envie épisodique de ne pas le rester, le club Med a été inventé pour vous. Si vous n’êtes rien de tout ceci, c’est qu’une erreur s’est glissée dans votre plan d’action (ou que vous avez rencontré votre nouveau fiancé après avoir réservé votre semaine). Alors que vous êtes à deux doigts de le regretter, errant comme un gentil pape perdu dans un congrés de gentils scientologues, s’ouvre soudain à vous le spectre d’une vision entomologique pas piquée des hannetons. Dans le grand panorama sociologique de cette semaine de ski, je me permets de vous livrer dans le désordre de ma mémoire les quelques typologies référencées. Il y a le petit personnel qui s’attable avec sourire protéiforme et plat protéiné et qui d’un aïgu “Je peux m’asseoir avec vous ?” vous décline son CV en espérant que vous êtes de la partie. Il y a le couple sportif, danseur, rencontré sur site (de rencontre) qui se lance dans un tango endiablé, consécration de nombreuses années d’entraînement. Il y a les célibataires dans la mauvaise partie de la cinquantaine, qui laissent traîner un œil coquin sur ce qui pourrait remplacer momentanément l’épouse enfuie. Il y a le bellâtre accompagné qui dispense aux filles de tous âges des sourires appuyés en lançant vers le large son filet petites mailles. Il y a des belges qui râlent, des russes qui boivent, des italiens qui parlent fort, des sexa très en forme et des sexy girls toute en forme. Il y a ceux qui veulent en découdre avec la prodigalité gratuite du Boire et du Manger, et qui se désolent de ne pouvoir emporter un peu de stock à la maison. Entre Prozac social et désespoir positif, le Club Med est un bon moyen d’être ensemble, tout simplement, et de partager, sans culpabilité, des vices dans la forme et du vide dans le fond. Il est une manne pour celles et ceux qui veulent se faire des amis et l’idéal pour pratiquer un ski convivial entre gens d’un même niveau. C’est dans cette question posée le premier jour “Quel est votre niveau ?” que les egos s’envisagent. Dés la première descente on voit tout de suite qui se la pète de qui doute. En regardant cette horrible flamande ralentir notre groupe de niveau 3, je me suis dit que finalement chacun était ce qu’il annonçait être. Mais n’est-il pas plus confortable d’être légèrement en dessous de son vrai positionnement ? Le meilleur au milieu de moins bons ou le moins bon au milieu de meilleurs ?

Entre deux crazy signs, j’entends quelqu’un qui s’adresse à la barmaid :  “Tu peux me remettre encore un peu de rhum dans ma tisane ?” Allez, glissons…

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

6 réflexions au sujet de « Happy Quinqua au Club Med »

  1. C’est marrant, mais j’ai la vague impression,confirmé par un léger hale montagnard, d’avoir été au meme endroit au meme moment. Mais dans qu’elle catégorie cours-je?

  2. Bonjour Caroline, Ah bien votre blog ! depuis 2005 ? bravo ! J’ai passé 15 jours au club Med de Bali en 2003. Un poil trop long mais avec mes enfants qui étaient petits à l’époque c’était parfait. Bon dimanche à vous aussi. M

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