Happy Quinqua au Louvre

Je vous garantis que la visite d’un musée-à-deux offre une belle opportunité de vérifier si le candidat va revenir en deuxième semaine… ou pas. Dès les prémisses d’une possibilité, révisez avant deux ou trois trucs, et courez droit au musée. Ah c’est sûr, il faut aussi le casting qui va avec le projet (comme toujours), le partenaire doit être un minimum réceptif et connaître ses classiques. Si pour lui Carpaccio est une tranche de viande et Mondrian un bar à la mode, allez faire plutôt un karaoké. Mon endroit zéro risque pour un “date” désintéressé (oxymore), c’est le Louvre. Pour 70 euros par an, il existe un pass d’entrée à deux (les mercredis et vendredis de 18H à 22H) que TOUT célibataire parisien un peu raffiné se doit d’avoir dans son Goyard. Ensuite, concrêtement il est bon d’enchaîner une chronologie de circonstance : se donner rendez-vous sous l’épicentre de la pyramide, choisir préalablement son aile de prédilection (Denon, Sully ou Richelieu), prendre position pour une époque (ou laisser l’autre décider) et s’engager dans les étages. Le choix est hyper stratégique car vous n’aurez jamais le même échange, la même sensualité d’approche chez les peintres flamands du 15 ième siècle que chez les italiens du 16 ième. Ma reco (ou du moins ma propre expérience) : même si vous connaissez par cœur les italiens, revenez-y. Ils enregistrent de meilleures statistiques de retours sur investissement.Dans cette trinité (vous, lui, l’œuvre), les corps s’effleurent et laissent traîner dans une convergence artistique bienveillante, là une épaule, puis un bras, inopinément une main… L’autre s’envisage, se révèle bien malgré lui, feint un léger recueillement, jusqu’à ce qu’au fil des allées, il dépose à son insue chacune de ses armes. L’avantage d’un premier contact dans un musée, c’est d’être fixé très vite sinon sur la suite, du moins sur l’idée de la suite. Il n’est pas impossible que, postée devant La diseuse de bonne aventure du Caravage ou L’esclave rebelle de Michel Ange, vous demeuriez pétrifiée par tant de beauté, et par le charme de celui qui sait si bien en parler. Quitter le Louvre un peu bouleversée, reprendre les commandes en choisissant le restaurant de l’after, s’arranger pour que celui-ci ait les qualités nécessaires : éclairage à la bougie et atteignable en hauts talons. Ma reco : Le Cibus (5 rue Molière 75002, 01 42 61 50 19) Salvatore est délicieux, tout comme sa pasta. Zapper le dessert, rentrer vite faire l’amour.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

2 réflexions au sujet de « Happy Quinqua au Louvre »

  1. Bonsoir
    Je vous lis depuis quelques semaines –jours- et je suis frappée par votre style, non pas parce qu’il est jeune, mais parce que très parisien. Moi qui vis sur une ile presque déserte, j’apprécie chaque moment. Continuez à nous faire rêver ou pas, à nous donner vos conseils, vos remarques toujours bien lancées et qui me parlent…
    J’étais à Paris la semaine dernière, j’y ai vécu il y a quelques années, aucun regret d’en être partie, sauf ce soir, le Louvre ? le restau chandelles ou les talons hauts. Ici c’est converses et dîner chandelles mais maison, pas si mal, mais au premier ou deuxième rendez vous on aimerait se faire dorloter par les autres.
    Une autre quinqua presque sexa, mais encore sexy, même en converse…
    Merci pour votre blog

    1. Merci pour votre post, c’est drôle ce que vous dites sur mon style parisien, moi qui suis une provinciale comme beaucoup de parisiens; C’est justement à ça qu’on les reconnaît les « très » parisiens, ils viennent d’ailleurs.à bientôt M

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