La quinquado est-elle pathétique ?

IMG_1659Notre monde en permanente évolution produit des typologies mouvantes selon l’humeur du temps. Parfois un psycho-sociologue constate un truc, en fait un livre, et voilà qu’apparaît la dernière tendance à la mode, celle qui va être récupérée par les médias avant d’être considérée par les services marketing des entreprises. (Ensuite, une fois la cible identifiée, analysée, testimoniée, les marques toqueront à la porte des « Criteo Data CRM » et autres pollueurs de mails qui se chargeront avec plus ou moins d’efficacité de nous sensibiliser à nos intérêts dûment détectés. Mais ça c’est un autre sujet)

Voilà comment un jour, à la faveur d’une publication et de la promotion qui va avec, sont apparus les quinquados. Un article paru en septembre qui avait déjà envoyé sur mon blog des milliers de curieux était la preuve que le sujet était bien dans l’air du Temps, ce quotidien suisse qui l’un des premiers a défriché la tendance. Ensuite la presse magazine (L’Obs, Marianne et les télévisions ont suivi. Présenté comme un scoop, soudain on découvrait la lune, les quinquas étaient libres (parce que divorcés), sans enfants (parce que partis), minces (parce que sportifs), avec beaucoup de temps libre (parce que moins ou pas de travail).

Contraction de Quinquagénaire et de adolescent, le quinquado qui est plus volontiers féminin que masculin est souvent présenté comme un personnage pathétique qui refuse de vieillir. Comment la quinquado s’y prend-elle ? Elle saute en l’air, emprunte les jeans troués de sa fille, se tatoue l’entrejambe, veut toujours faire la fête, a de jeunes amants, en change volontiers.
Les premières images de l’émission consacrée au sujet dimanche dernier sur 66 minutes (M6) montrent une blonde quinqua qui se déchaîne avec sa fille sur la piste de danse avant de plonger avec avidité dans l’épiglotte d’un jeune hipster de quinze ans son cadet.
On imagine le journaliste la poussant à forcer le trait : « Allez dansez, on vous filme et maintenant embrassez-le… »
Cette quinquado-là, vouée à se vieillepeauïser à grande vitesse, qui crame en rafale ses dernières cartouches dans l’urgence et la frénésie, ce n’est pas nous. Le reportage nous a édifiées.

Il est donc urgent d’établir une autre branche à cette nouvelle quinquitude, celle de la « quinquado » responsable qui vit pleinement sa vie dans la curiosité et la bonne humeur, et qui porte le plus d’attention possible aux choses qui lui font du bien.
L’âge n’est pas le sujet, c’est l’énergie dont elle dispose et qu’elle entend garder le plus longtemps possible qui est la nouveauté. Cette Quinqua-là est de toutes les expériences qui peuvent l’enrichir. Elle peut aller à un concert de rap avec ses enfants, mais aussi à l’opéra, elle peut faire du Modern jazz mais aussi du yoga, elle peut pratiquer le jogging mais aussi de la marche à pied, elle peut avoir un vieil amant mais aussi un jeune mari.

Alors appelez-là comme vous voulez,

Moi je l’ai appelée Happy Q

 

Post écrit en écoutant Chapelier Fou (Kalia Birds)

Comme me le fait remarquer mon amie chérie La Papesse de l’Art contemporain, l’illustration n’est pas une œuvre de Sol Lewitt mais de Frank Stella –

 

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

11 réflexions au sujet de « La quinquado est-elle pathétique ? »

  1. « L’âge n’est pas le sujet, c’est l’énergie dont elle dispose et qu’elle entend garder le plus longtemps possible qui est la nouveauté. » . Cela est-il valable aussi pour les sexas ? Sexados n’a pas été (encore) inventé, nous avions bien aimé Sexygénaires, titre d’un magazine il y a quelque temps !

  2. Ma Chere M, je n’arrive pas a te suivre! tu trottes comme une lapine a la suite du meilleur serpolet…Et que dire? ta clairvoyance n’a pas d’égal!
    Pourtant aujourd’hui je dois rendre a Cesar ce qui appartient a Cesar. La toile qui orne ton blog n’est pas un Sol Lewitt mais un Frank Stella..
    Deux artistes de la meme generation, Sol est mort mais Frank est toujours en vie…
    Allez, tu vas bientôt pouvoir faire un livre avec tous ces blogs!!!!!

  3. Hoops ! Je corrige ça de suite. Je me couvre la tête de cendres, et suis heureuse de t’avoir parmi mes lectrices. Il n’y a que toi ma Papesse pour relever cette erreur.

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