La sémiotique du poil

La façon dont vous portez le poil a du sens. Si ça cache une partie de la figure, la longueur, la coupe, le brillant montrent quelque chose de vous. Vous, c’est les hommes bien sûr, auxquels je m’adresse aujourd’hui – pour contrebalancer le post précédent exclusivement féminin.

Le poil peut être un signe de contestation, Victor Hugo ne portait-il pas la barbe en opposition à la barbichette de Napoléon III ? (Dimitri, confirmation ?).

Cette façon qu’a aujourd’hui le poil d’être non négociable dans notre monde m’irrite, et pas seulement la joue. Au delà de l’accessoire de mode il est devenu aujourd’hui le parangon d’un panurgisme le plus endémique.

La barbe projette quelque chose entre virilité et préciosité, et pendant longtemps je me suis demandé quoi en penser. Je crois que j’attendais d’être sûre de mon appréciation sur le sujet. Après tout, nos jugements peuvent évoluer, parfois radicalement changer. Il y a bien un temps où j’aimais les blonds avec mèche et les souliers à pompons. Notre histoire personnelle est farcie de ces choses de mauvais goût qui ne font que passer. (Et je ne vous parle pas des hommes)
Je me souviens avoir eu la certitude que jamais les pattes d’éléphant ne reviendraient sur terre, et bien je me suis trompée.

La mode ne se répète pas, comme le reste, elle bégaie.
Le port de la barbe fait partie de ces choses décidées par les envies capricieuses des vecteurs de tendances, gays, designers de mode, Art Director, hipsters des grandes villes, maître yogi. La barbe, c’est l’uniformité qui nait de l’ennui.
L’entretien de la barbe génère une cosmétique et un entretien adaptés, des huiles, de la taille, des ustensiles, de l’attention. Un bonheur pour les marques, et les nouveaux salons de barbiers qui fleurissent à Paris, comme à Shoreditch. Le métier réapparaît, des mots s’inventent. « Barbière » féminin de barbier, qui n’existe pas en français.
Si elle enchante les populations timides ou balafrées, la barbe s’étend chez tous. Pas un millenial, pas un trentenaire, pas un quadra ne sort sans sa barbe. Elle est partout, en politique, dans la police, au cinéma où il est de plus en plus difficile de reconnaître la star masculine noyée sous son feuillage pileux.
Ah c’était Dustin Hoffman ?
Et Brad Pitt ? méconnaissable !
Pour tout vous dire, je n’en peux plus.
Chez les hommes de plus de cinquante, la barbe n’est jouable qu’à l’unique condition qu’elle ne soit pas blanche, ni grise du reste et c’est difficile car à ces endroits là ça blanchit plus vite que le reste. Sinon c’est une absurdité. Tout autant que de la teindre, si c’est le cas alors là les gars vous êtes passés de l’autre côté du miroir.
Je vois des quinquas pimpants et facétieux, qui, le temps d’une pousse, se transforment brutalement en vieux cendriers hirsutes.
Je ne vous dis pas l’état de l’épiderme si le cendrier se pique de nous embrasser au delà de la simple bise.
On a mieux a faire, pendant l’amour, que de se protéger le menton avec la main.
(Nous sommes Le Doux et moi très très légèrement prognathes, ça vous donne une idée des lésions)
Alors Quinquas Men mes chéris, STOP !!
Vous pensez être à la mode, vous faites plus vieux !
Allez ça suffit maintenant
Rasez-vous de prés, approchez-vous,
Maintenant embrassez-nous
Et ne recommencez plus !

Post écrit en écoutant Kiasmos qui passe prochainement au Trianon, avec Le Doux nous y serons. La photo est l’oeuvre de l’artiste Dimitri Tolstoi, barbu notoire de grand talent.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

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