La vie rêvée de la blogueuse

Elle navigue dans la vie comme un poisson-pilote en quête d’un angle, d’une perspective, d’une nouveauté, dirigeant une armée mouvante de fidèles followers qui parfois lèvent le pouce en signe d’approbation.

L’i-Phone greffé au bout des doigts elle tweete, like, facebooke,et instagramme comme elle respire dans le but de se répandre le plus généreusement possible sur la toile.

Elle a des choses à raconter autour de son sujet (souvent « elle-même ») qu’elle partage avec des lecteurs qui ont du temps et certaines marques qui cherchent à lui offrir quelques avantages en nature (échantillons produits, événements alcoolisés, sourires entendus) en échange de louanges senties et bien formulées.

Pour cela, la blogueuse décline avec zèle et conscience des tutos beauté, des detox d’armoire, des conseils avisés, des expériences du quotidien, des portraits plein d’adjectifs (de gens qui si possible en connaissent plein d’autres), et des critiques culturelles de l’air du temps, tout en vérifiant à chaque instant le nombre de visites qui viennent récompenser son travail gratuit.

Plus la blogueuse est assidue, plus elle poste de billets et plus le résultat de ses publications est visible dans ses « stats ». C’est l’effet Kiss Cool de Google qui la pousse à bosser, bosser, bosser et déposer sans cesse sur la toile la production de son contenu dans la joie, et toujours la gratuité.

Parce que le problème est que la blogueuse, si suivie, si sollicitée, si likée, si complimentée travaille dans 90% des cas pour NADA et dans 5% des cas pour PRESQUE NADA, contrairement aux 5% restantes, ces (agaçantes) jeunes influenceuses bilingues photogéniques et youtubeuses, désormais placées au premier rang des défilés et dont on guette la moindre émotion.

Mais pour les autres, les blogueuses du tout-venant, mieux vaut que la question financière soit préalablement plus ou moins réglée par un travail à mi-temps, un riche mariage, un gros chômage ou un passé professionnel avisé.
Généralement avec Excell tout le monde est riche en trois ans, mais pour le Business plan d’un blog je défie qui que ce soit de parvenir à situer le moment du retour sur investissement.

Alors qu’est-ce qui meut la blogueuse pour se donner autant de mal ?

Chacune a dans sa mire un objectif différent selon qu’elle ait le besoin ou l’envie.
Elle n’avouera pas spontanément demeurer dans l’espérance flottante d’un partenariat professionnel prolongé et fructueux (Elle préférera être appelée par Chanel plutôt que par Microlax mais selon son état de désespérance elle ne fera pas sa difficile) , ou alors elle rêvera de publicité sur son site, mais pour cela elle sait qu’il lui faudrait plus de lecteurs, encore plus, toujours plus, jamais assez.

A la question pourquoi faire un blog mes copines blogueuses travailleuses répondent « pour vendre » ou bien « pour me vendre », ou alors « pour le vendre ».

Alors pourquoi Happy Q ?

Pour le plaisir d’écrire des jolies phrases qui tiennent en équilibre, et qui sont le reflet de mon regard amusé sur des faits, des gens, ou des moments. Sans contrainte, en toute liberté.
Parce qu’à défaut d’être sponsorisée par des marques, autant profiter de cette liberté de propos. Savourons cette chance que nous avons de vivre (pour combien de temps encore ?) dans un pays libre où il est possible d’écrire des galéjades humoristiques sur les uns ou sur les autres, sur un presque ex président, ou sur un ex futur autre sans qu’un comité de censure vénère vous tire l’oreille.

Je lance ici un appel à fonder un syndicat de la blogueuse (Jean-Luc j’attends toujours votre appel !!) pour revoir le temps de travail versus la rétribution, afin que l’on tienne en respect ce travail gratuit.

On parle d’un revenu universel sans travail, mais sait-on qu’il existe des métiers sans revenu ?
Tiens ça me donne une idée, je vais en parler à Benoît. (peut-être que j’aurai plus de chance avec lui)
Pour rappel :
En France la majorité des Blogueurs a moins de 30 ans…
Les plus de 50 ans ne représentent que 5 % du total des répondants. blogs, et seuls 5% ont une moyenne de 200 visiteurs par jour

Malgré l’irrégularité des publications et ma paresse chronique identifiée, Happy Q qui existe depuis 5 ans est (deux fois) dans ces 5%.
Merci à vous lecteurs d’Happy Q readers, merci ! (5 sur toi)

 

L’illustration est de l’artiste portraitiste sculptrice Hilary Cooper. Elle venait d’achever la tête de James Salter, un de ses amis, juste avant qu’il ne quitte ce monde. (Avez-vous lu Un bonheur Parfait ?)

Post écrit en écoutant (presque gratuitement) Johann Johannsson (en ce moment c’est tous les jours) ça s’appelle ODI ET AMO (je hais et j’aime, c’est du latin)

 

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

18 réflexions au sujet de « La vie rêvée de la blogueuse »

    1. Parfois il y a des dommages collatéraux …. Mais la gratuité permet davantage de se lâcher – enfin, plus d’annonceurs pour me dire « plus gros le logo » c’est déjà ça

  1. Moi non bloggeuse mais commentatrice « professionnelle » et bénévole, voilà le résultat de mon constat :
    Toute proportion gardée, de la même façon qu’un pays a le peuple qu’il mérite (qui accepte de voter pour ses politiciens corrompus de carrière), une bloggeuse a le lectorat qu’elle mérite.

    Ainsi, visité-je pas mal de blogs dont un tenu par une journaleuse bobo influente assez consternante au demeurant quant à son niveau de réflexion, mais assez maligne pour drainer des centaines de commentaires presque à chaque billet. Cela lui procure par ricochet des articles sponsorisés, et l’enrichissement de son CV/Kit Média, lequel blablabla…..

    Comment fait-elle :
    1) Sur la forme :
    -Elle utilise pleins de gros mots pour être au niveau de la présumée simplicité de ses lectrices, et faire « peuple ». Elle emploie des anglicismes pour être « Hype », des mots « Djeunes » car elle a au moins 45 ans.
    – Elle publie des photographies de sa famille, mari, enfants, chat, son chez elle, pour induire une sensation de proximité (et je ne parle même pas d’Instagram : pique et pique et collegram».
    Qu’importe le « flacon du moment qu’on ait l’ivresse ».
    – Elle fait un complexe « Bridget Jones » en pompant parfois mais allègrement ses unités de mesures pour rythmer articiellement l’encéphalogramme plat de ses écrits.
    Quand elle répond à l’une ou à l’autre, cette dernière a presque un orgasme d’avoir été distinguée par la grande Prêtresse/hôtesse.
    D’un autre côté elle ne peut pas matériellement répondre à toutes.
    Son mari sous le pseudo « l’Homme » met parfois aussi des commentaires ce qui hystérise encore plus le lectorat féminin.

    2) Sur le fond :
    – Ne pas chercher : C’est principe du Café du commerce où l’on se doit d’enfiler les lieux communs, les clichés et le prêt à pensée angélique en kit comme des perles en toc made in R.P.C.

    – Elle utilise une recette bien connue mais efficace :
    Son fond de commerce pour vendre sa soupe c’est la colère, l’indignation, la jalousie/ l’envie, la Peur. Ce sont les 5 ingrédients de base pour capter le chaland et le nourrir par des passions négatives et des fantasmes peu honorables.
    – Régulièrement elle parle de son « Quelqu’un » ou autrement dit son Psy, lequel doit probablement suivre le blog de sa patiente si connue ; ce qui laisse planer un doute raisonnable de ce déshabillage malsain.
    Enfin… Elle a trouvé sa niche, c’est certain. Tant mieux pour elle.

    Pourquoi y vais-je, vous demanderez-vous peut-être ? Parce que; je suis fascinée/horrifiée par le peu de discernement des lectrices.
    Son fan club est tellement servile que cela en devient presque embarrassant et j’ai honte pour elles. Il suffirait que l’hôtesse bloggeuse se mette une plume d’oie dans son fondement pour que toutes trouvent cela fort élégant et magnifique et décident à qui bêê bêê de l’imiter. On dirait les précieuses ridicules version 2.0.

    Quoiqu’il en soit, à vous toutes qui suez verbes et mots pour vous raconter en long en large et en travers, ou bien en ombres chinoises comme vous Happy Quinqua : Merci.
    Merci de nourrir la Bête : ce lecteur/trice affamé ( e ) et voyeur/voyeuse)… ! Gratuitement ou moyennant espèces sonnantes et trébuchantes: …

    1. Merci chère Madame pour votre long commentaire détaillé sur cette pathétique vérité de la blogueuse qui « draîne » le chaland par tous les moyens. Les cinq ingrédients que vous identifiez sont hélas exacts mais ne constituent pas la majorité du genre, heureusement.

      il y a des blogs intelligents, bien écrits, documentés, instructifs.

      La vulgarité de tout ce que vous décrivez du blog de cette cagole est affligeante et c’est ce que j’évite (parfois avec difficulté concernant le franglais) ne doutant pas un seul instant (vu l’élégance de votre plume) que vous ne me mettez pas dans la même catégorie.

      Sur happyquinqua les valeurs sont l’impertinence, la drôlerie, l’esprit, et l’autodérision; et même si ce dernier billet n’est pas très représentatif des dites valeurs, je mets beaucoup d’application à apporter à chacune de mes publications une réflexion, un intérêt, au mieux un sourire.

      Continuez à me suivre, vous n’êtes pas si nombreuses, et je n’en veux pas beaucoup plus,
      et n’hésitez pas à apporter vos commentaires, nous sommes entre nous !

      Mylène

    2. Je rajouterais que, bien qu’affirmant le contraire, cette blogueuse n’aime pas du tout être contredite. Et encore elle est moins virulente qu’auparavant !

    3. Toute cette détestation un peu gratuite … Que vous a-t-elle donc fait ? Si son blog vous déplaît cessez de le lire, c’est aussi simple que cela. Ce comm interminable et complaisant est assez ridicule, avouons-le

  2. J’ai 2 activités totalement anxiogènes quasi tous les matins : me mettre sur ma balance pour connaître mon poids que je préférerais ne pas connaître en vrai et peser mon poids sur la toile (nb de visites/jour). J’ai failli faire un breakdown l’autre jour pour perte de 3 abonnés en 1 nuit. Et, pourtant mes annonceurs s’en foutent, je n’en ai pas! Je me demande même si mon blog ne me coûte pas de l’argent.

    1. Ce que tu es drôle Virginie ! C’est drôle et tellement vrai. Nous, blogueuses, sommes à la recherche de cette reconnaissance virtuelle complètement déconnectée autant du travail que de l’argent. Il faut continuer à écrire en faisant l’exercice de ne pas regarder qui et combien. C’est comme éteindre son portable pendant toute une journée, c’est dur mais ça fait du bien.

  3. Tout est dit – et bien dit – avec cet humour qui (te) caractérise les blogueuses que j’apprécie
    Essayant moi-même de produire des articles qui, je l’espère ne se rapprochent que de très loin de ceux qu’évoque la visiteuse du premier commentaire j’avoue être quand même ravie quand un article ou une photo Insta « explose les niveaux  »
    C’est grave docteur ???
    Bisous et bonne journée ! ☺️☺️☺️

    1. Merci, Beatricelise
      rien n’est grave, et à défaut d’avoir un retour financier, ayons au moins quelques compensations de satisfaction avec une audience bienveillante.

  4. Si Jean-Luc ne répond pas c’est qu’il n’aime pas le Ruinart. D’ailleurs, nous aurions été déçues qu’il se laisse appâter par une promesse aussi antipopulaire !

    5% des blogueuses ont plus de 50 ans, quel est le pourcentage pour les Over Sixty (en anglais c’est moins flippant) dont nous faisons partie ?
    Notre blog nous coûte la mensualité que nous prélève notre hébergeur. Nous refusons toute proposition en argent car l’une a toujours été entretenue par son mari (donc pourquoi changer les bonnes habitudes ?) et l’autre est une « jeune » retraitée qui ne tient pas à augmenter ses impôts.
    Nous n’avons pas suffisamment de visites pour être sponsorisées. Notre rêve : un week-end dans un Spa de luxe tous frais payés. Ça n’est jamais arrivé. Donc nous nous payons les Spa de luxe tout en conservant une entière liberté de critique. Nous faisons vivre notre blog au gré de nos sorties, nos découvertes et nos humeurs.
    Pourquoi un blog ? Nous pensons que deux types d’activités nous maintiennent en bon état de marche : la gym pour les muscles, le blog pour les connexions synaptiques. S’il y a partage c’est encore mieux !

    1. Les Matching Point : vous savez quoi ? vous êtes formidables, je vous le répète à chaque fois mais je le pense sincèrement : Over sixties, chez les blogueuses il y a déjà moins de concurrence, vous êtes les leaders ! alors que chez les quinquas, j’ai l’impression que chaque jour un nouveau blog quinqua se lance.

  5. J’ai adore ton billet et l’ai lu jusqu’au bout ainsi que les com ! Un exploit pour moi qui préfère les images ! Et tu as raison sur Tout ! Bloguer c’est des heures de boulot mais quand on aime on ne compte pas ! Bloguer m’amuse, je fais des recherches, des découpages dans mes journaux de mode, trouvé une idée de look , prends des photos puis raconte une histoire ! Et je m’éclate !
    Ensuite arrivent quelques demandes de partenariat que je n’accepte que s’ils me correspondent et je pense en avoir refuses plus qu’acceptes ! Difficile ? Non juste honnête, franche et intègre !
    À bientôt
    Valérie
    Et Merci à mon amie Virginie JEUNE VIEILLIS PAS de m’avoir permis de te découvrir

  6. Je rejoins aussi le clan des blogueuses de 50 ans et +.
    Je ne me pèse pas et je ne regarde plus mes stats (je devrais, l’ami qui a relooké mon site me tanne à ce sujet). Au fond, même si je rêvasse d’être invitée gratuitement dans des spas, je m’en passe. Car j’ai aussi une autre vie que celle de blogueuse.
    Quant à la blogueuse bobo dont il est question dans un commentaire, je pense savoir qui c’est. Je ne la lis plus. La servilité de ses « suiveuses » (que j’avais appelées « sa garde rapprochée » dans un commentaire) m’horripile comme ses indignations alternées avec le shopping et les vacances lointaines et chères.
    Courage. Bloguons!!

    1. Oui bloguer doit être en parallèle d’autre chose, sinon on devient dingue et on passe sa vie connectées à son Google Analytics (je ne le regarde pratiquement plus).
      Quand à la blogueuse indignée, je ne vois pas de qui il s’agit, mais j’imagine bien les fans suiveuses qui balancent du sirop ou de l’acide selon, histoire d’exister sur la toile d’une autre. bon je dis ça mais je reconnais que ça fait plaisir d’avoir des commentaires, aussi Merci Colette
      Je te souhaite un bon Week-end

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