Le coup du jour

imagesLe tatoo type de la Quinqua ce n’est pas la salamandre sur l’épaule qu’affectionnent les jeunes et les new-yorkais, non, nous avons passé l’âge de nous dessiner des choses débiles et indélébiles sur la peau, le temps qui passe s’en charge déjà suffisamment, pas besoin d’attirer le regard sur nos chairs promptes à la ptôse.

Non, le tatoo de la quinqua c’est le Bleu !
Pas le bleu le débutant, pas le bleu de Bresse, pas le bleu Klein, pas le bleu de l’âme, non, non je parle du bleu de la femme Q, de la Happy Q, de celle qui se cogne mais qui ne s’en cogne pas du tout d’avoir des bleus partout qui croissent et s’étalent sous sa peau blanche et fine.
Le bleu quinqua, c’est l’image des marques qui s’inscrivent de façon plus durable dans le temps et de plus en plus sombre dans la gamme Pantone en allant du violet foncé au jaune anisé.
Un petit coup vite fait l’air de rien et c’est le bleu garanti.
Les coins de tables basses vous tapent sur le mollet (et le système aussi), les coins de tables hautes attaquent le haut des cuisses, les genoux imprudents ne seront épargnés.
Chaque meuble anguleux est un réel danger (j’aime les alexandrins dès le petit matin).

Chez moi, j’ai des bleus familiers qui vont avec mes meubles, Il y a le bleu précipité de la table de salle à manger qui se place au niveau des cuisses, il y a le bleu redoutable de la Flag Halyard, le fauteuil culte de Hans Wegner avec ses contours d’acier brossé qui s’en prend au bas tibia, sans distinction droite gauche.
Il y a le bleu tout aussi chic de la table basse Isamu Noguchi. Les contours sont arrondis certes, mais sournoisement traîtres malgré un verre épais. Elle s’en prend la zone du haut tibia, mais ne peux lui en vouloir tellement je l’adore elle-aussi.
Et oui les bleus en provenance de ma maison sont griffés, ce sont mes marques de luxe.
L’hématome, tatouage de la quinqua maladroite, ne disparaît qu’au bout de longues semaines, il devient une marque de fabrique, un memo de traçabilité.
Alors après 50 ans :  jouez les hémophiles, au moins pendant l’été, ou alors barricadez-vous derrière une armure ou un harnais protecteur : pantalon matelassé, protèges coudes protèges tibias, genouillères, casque, appareil dentaire ancien régime …. Ou alors jouez-là Arnica à tous les étages, en comprimés, en traitement homéopathique, en gel crème.

Quand je vois les jeunes enfants se jeter à terre et jouer en riant j’imagine que si nous imposions ça à notre corps il serait détruit en quelques minutes. Les enfants, eux, se relèvent comme si de rien n’était et reprennent leur brutalité. Mieux vaut prendre des coups quand on est jeune, ça fait moins mal, après on marque.
Alors que faire ? changer la déco de l’appartement, porter l’armure, sortir de la salle de bain en burkini Dolce Gabbana ? ou éteindre la lumière.

Le Doux, lui, s’en fout, il n’est pas dans le coup

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

5 réflexions au sujet de « Le coup du jour »

  1. Comme c’est agréable, bien que peu charitable, de ne pas se sentir seule dans ces coups qui sont bien bas ! L’hiver, ça passe mais aux beaux jours, quelle tannée !
    Je conseille la pommade à l’arnica qui est assez efficace.
    Au moment où j’écris ces quelques mots, j’ai un orteil qui tire vers le marine. Mais c’est normal, je me suis fais charcuter le pied par le bon Dr Piat, le bien nommé. Avec les béquilles, je vais bien arriver à me faire quelques bleus sur les jambes. La belle saison arrive, ce serait dommage que les gambettes soient impeccables …
    Manuelle

Laisser un commentaire