Le couple est-il soluble dans le groupe ?

img_3359C’est drôle comme notre personnalité peut se modifier selon que nous sommes à deux ou en communauté.

Certains se dissolvent dans le groupe au point d’en devenir presque évanescents et immatériels. Leur personnalité se fond, leur implication se tamise, leur ombre flotte. ils sont comme neutralisés par l’entité groupe. Timides ou simplement discrets, ils gèrent, du fait du nombre, une subite rétractation de leur ego et se contentent de distribuer des sourires polis et entendus auprès de tous. Souvent, ceux-là ne s’animent que dans les face-à-face intimistes ou dans l’exhibition tout en rythme de leur corps dansant à leur corps défendant. ils sont des convives moyens pour animer un débat mais parfaits pour évoluer en tant qu’élément actif d’un décor festif.
D’autres s’affichent avec décontraction, lèvent le menton, se placent dans la lumière et paraissent galvanisés du fait de l’auditoire. On les écoute qui suggèrent, on les surprend qui organisent, ils ont lu dans des livres tout un tas de choses qu’ils n’hésitent pas à partager très généreusement. On compte sur eux pour les détails historiques, le choix des vins, et la gestion des idées.

Ce que l’on observe, c’est qu’un bon groupe s’équilibre dans l’addition de ses différences.

Il était donc intéressant de nous voir partir à trente pour une semaine de voyage dans le Rajasthan autour d’une célébration : l’anniversaire d’une de nos amies chères pour son accès dans la joie à son milieu de siècle.

Après l’anniversaire de la trentenaire à Deauville, voilà celui de l’accédante à cinquante.
Happy Q le blog des compte-rendu d’anniversaires.

Sauf qu’aller fêter un anniversaire en Inde dans un palais du 4 ième siècle, ça n’arrive pas tous les jours.

La célébration en fanfare de son anniversaire au delà d’un certain âge est une démarche qui se discute, mais sur ce coup- là quand l’époux de la Reine Quinqua a lancé l’idée de ce voyage auprès des ADhERents du premier cercle. Nous avons tous bondi de joie. « Tous » ayant entendu d’abord des mots à paillettes devant lesquels on se prosterne : « fête d’anniversaire », « Voyage en Inde » et « En couple et en groupe ».

Fête d’anniversaire : Sur le tard comme on dit, l’âge devient une telle abstraction que le comptage des années via un absurde calendrier n’a d’intérêt que celui de provoquer annuellement un instant de réjouissances collectives d’un bon niveau (au moins dans le miam miam et le glou glou). Nous sommes à un moment de notre vie où, soit nos moyens soit nos amis, nous permettent de célébrer les événements avec un panache des plus fastes. Ce qui signifie concrètement qu’on a viré depuis longtemps le Tuc/Blanquette de Limoux, au profit du Ruinart/cevice de Daurade).

Voyage en Inde : Alors c’était comment l’Inde ? Me demandent ceux qui n’en étaient pas. C’était Génial ! Ce voyage fut une réussite totale à tout niveaux : le groupe, le pays, les infrastructures hôtelières, les safaris shopping indiens où chaque achat donne un peu l’impression de gagner au loto. Tout était super. Certes tout voyage est d’abord intérieur, et le croisement alchimique des lieux, des autres et des situations, installe un florilège d’émotions qui s’inscriront un peu partout dans nos souvenirs. De ce réel expérientiel, pour utiliser des mots qui se la pètent, chacun retiendra des choses positionnées différemment dans sa hiérarchie personnelle.
En couple et en groupe : A nos âges, celui des joyeuses Q, la vie en communauté relève d’une habitude perdue depuis les années colo (nostalgie) et les virées club Med avec enfants (ouf !).

Je vous épargnerai le compte-rendu humain de ce merveilleux séjour par discrétion pour mes amis qui, j’imagine, entendent le rester. Seraient-ils heureux de se voir passer à l’IRM de ma plume sympathicaustique laquelle se déleste avec bonheur au fil des années de toutes formes de filtres ?

Mais pour les fidèles lecteurs de Happy Q au delà des quelques pistes romantico-touristiques que je vous encourage à garder dans un coin de votre cloud personnel, et à ressortir selon que vous êtes l’invitée ou l’invitant, je vous livre quelques observations sur le couple dans le groupe vues de ma lunette binoculaire :

Le couple est un et indivisible, il se déplace en tant qu’unité pensante et agissante. Le couple a un article devant son nom de famille et, mariés ou pas, c’est le nom de Monsieur qui l’emporte : les Dupont, les Mulot, les Spounch
C’est au bout de 2/3 jours que les affinités s’installent en fonction du degré d’attirance et des hasards du plan de table. Et comme on est jamais à l’abri d’une bonne surprise, on se félicite de découvrir que la personnalité de Un tel ou Une telle n’a rien à voir ni avec sa réputation ni avec son look, ni avec sa femme (ou son mari).
Le couple toxique intra-muros l’est tout autant en public mais le ballet est rodé. Monsieur force le trait de la galanterie un poil poliment en hommage à Madame qui se chauffe en faisant semblant de ne rien voir.
le couple complémentaire n’est pas désagréable, au contraire, se félicite-t-on de toute leur différence : Madame dans le rôle drôle et extra (vertie), Monsieur un peu taiseux mais sachant rire de bon coeur. Imaginez une seconde si les deux étaient pareils, quel épuisement imposeraient deux bavards ? Quelle ambiance deux muets parviendraient-ils à plomber ?

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

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