Le retour à Paris

Le piège – facile – serait de tomber dans un anti-parisianisme primaire. Nous allons l’éviter. Pourtant, ces derniers matins, la couleur du ciel et le taux d’humidité de l’air laissaient s’échapper bien malgré moi toute la nostalgie d’un Manhattan quitté il y a 15 jours.IMG_5461Bon j’avoue que très vite, quelques soirées chaleureuses et bien arrosées entre amis  parlant français, ont suffit pour que la joie reprenne ses droits. Pourtant dieu sait à quel point concurrencer New York sur ce terrain là, celui de l’optimisme et de la bonne humeur, est quasi impossible. Surtout en ce moment.

Justement à propos de joie partagée arrosée, il y avait ce week-end le salon des Outsiders, c’est donc la fleur au fusil et les papilles au taquet que nous nous y sommes rendus. S’il n’était pas facile à 11H du matin de donner dans la dégustation de fantastiques Bordeaux, recracher ces vins de folie l’était moins encore !

Organisé par Jean-Marc Quarin, grand spécialiste des vins de Bordeaux et auteur du guide éponyme, le salon des Outsiders rassemble les petits producteurs de grands vins lesquels n’ont ni l’image, ni le marketing, ni le prix de leur confrères mythiques. Les “grands”, les “réferents” n’ont pas besoin de pub, encore moins de salons pour vendre ou se faire connaître. Seule leur ombre plane… Mais les « petits », quelle merveille de les rencontrer, de les écouter raconter leur passion. « Notre vignoble a 80 ans, tenez goûtez moi ça, 65% Merlot, le reste en Cabernet franc et Petit Verdot ». Vin craché, paroles bues.

Peu connu du tout-venant, laissant rarement indifférent, craint parfois, respecté toujours, Jean-Marc Quarin explique comment une dégustation peut (et doit) se faire “La bouche avant le nez”, et de déployer son art au cours de masterclass initiatiques très courues. Son guide (donc le “guide Quarin”) magnifiquement écrit est incroyable de précisions dans les sensations gustatives, intégrant l’évolution de chaque vin année après année. J’ai toujours été fascinée par cette forme d’intelligence mémorielle du goût, et cette concentration intense précèdant l’analyse et qui permet de mettre des mots derrière tout ça; Et quand en plus vous y rajoutez un œil qui frise….

Il devrait y avoir des salons des Outsiders plus souvent, pour découvrir des merveilles, observer des passions, pour oublier New York.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

11 réflexions au sujet de « Le retour à Paris »

  1. Paris- New york, New york-Paris.
    Tour Montparnasse à Manhattan, cinquième avenue 6 heures du soir.
    Dans le couloir , qui mêne a ton dernier métro.
    Paris black out, New york bravo.

    1. Il y a de la poésie partout, à Paris, New York et même en Bretagne, chez toi Prince Biker. L’énergie est en nous et on trimballe toujours un peu ce que l’on est. Mais j’ai quand même l’impression qu’ici ça râle, ça s’indigne, ça se jalouse, bref ça plombe ! et surtout : ça fatigue !

  2. Bonjour Happy Q,

    Je réalise un reportage pour La Quotidienne sur France 5 sur le thème des « quinquados ». Ces quinquagénaires hédonistes qui assument sans complexes de revenir vers une vie de sorties, de voyages, de rencontres et d’insouciance.

    Votre blog m’a donc intéressé, seriez-vous d’accord pour témoigner de votre philosophie de vie dans le cadre de mon reportage.

    Ma demande est assez urgente. Pouren discuter vous pouvez me contacter : vlucchese@jara-co.com

    Merci et à bientôt !

  3. Cette morosité ambiante est très pénible en France. Il est vrai, les temps sont dures, mais parfois on a l’impression que le français se complait trop dans la plainte. Déjà qu’il est râleur au départ…
    Alors heureusement il reste toujours l’enthousiasme pour tout ce qui est autour de la table !
    Donc pour le vin, c’est d’abord la bouche avant le nez, et nous qui croyons bien faire en humant les senteurs ! Merci du conseil

  4. Bien contente de voir que malgré l’humidité qui fait friser les cheveux les plus raides, tu continues a faire bouffer ta fourrure, a courir le monde, le verre sur la tete et l’epee a la main…
    Allez, l’hiver va vite passer…Les ciels gris perle de Paris, et les ciels indigos de New york, font partie de notre garde robe…Comme nous avons de la chance de pouvoir les apprécier chacun a leur tour!

  5. J’avoue avoir la chance de pouvoir profiter des 2 ciels mais celui de NY est définitivement plus bleu et s’accorde mieux avec ma garde-robe quelle que soit la saison.
    What does « tu continues à faire bouffer ta fourrure ? » mean ?

    1. Tu te fais belle quoi! pour nous, notre pelage ce sont nos cheveux,
      on s’en occupe, on les fait bouffer, on les fait gonfler, on les lustre, on leur donne des formes….comme le chat quand il se lèche….Il prend soin de sa fourrure pour être BEAU!

        1. Ha ha !! Excellent !! je n’avais pas compris ce qu’un esprit mal tourné aurait pu comprendre. Il m’a fallu 1 minute de réflexion intense…. Preuve de mon innocence.

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