Les enfants des autres

IMG_1103Est-il vrai, comme on le dit, qu’on ne supporte que les siens ?

(je ne peux m’empêcher de penser à la comparaison un peu triviale que m’a servie un jour un de mes copains du sud, on va essayer de l’éviter) Ceux des autres font toujours plus de bruit. (c’est mal parti) L’impatience et l’intolérance nous guettent. Mais ceux de l’Autre, c’est différent, ils sont un peu de lui. (pardon, j’ai pas pu résister, ça m’a échappé).
Le Doux ne comprend rien à mon intro, je reconnais que je me prends un vent sur ce coup-là.

Distinguons les enfants, d’abord il y a les nôtres, les autres, et les siens.

Nos enfants sont sanctifiés, ils se promènent dans la vie avec ce halo protecteur fait de notre amour et de notre subjectivité – trop de permissivité, trop de faiblesse, un manque de cadre avéré auraient pu faire bien plus de dégâts. En tant que mère moyenne expérimentée je peux affirmer que le temps estompe nos erreurs d’éducation.

Il y a ensuite les enfants des autres, eux, sont à baffer, on veut juste qu’ils disparaissent et si possible qu’ils soient définitivement loin de nous : sur la plage, dans l’avion, au restaurant… LOIN !
La tranquillité, la solitude, la méditation, la rêverie, l’écriture se vivent mieux sans les enfants en général, sans les enfants des autres en particulier.
Le max du supportable étant leur brève apparition en pyjama juste avant le dîner pour un « Bonsoir Madame ». Une fois précisé « A-dorable » (accent mis sur le A) à l’attention de la mère, accompagné bien sûr du sourire poli circonstancié, on espère que l’autorité parentale va vite les envoyer au lit.

Et puis il y a les enfants de l’Autre, les Siens, et là c’est une autre histoire. Il faut jouer serré. N’en faire ni trop, ni pas assez, trouver juste le bon équilibre entre fayotage passif et distante implication. (Précision au cas où ils me liraient, Les enfants du Doux sont extras, des minis Doux, des collectors : chance, soupir, gracias à la vida, cierge à la vierge !)

Mais l’idéal est quand même d’avoir dans le couple des enfants à peu prés du même âge, du même niveau scolaire et surtout, surtout, du même niveau sonore. Combinaison rarissime, personnellement jamais atteinte.
Ma reco : protégez vos enfants d’abord, votre couple ensuite, reculez d’un pas.

Cela dit normalement à 50 ans nos enfants sont grands et, avec un peu de chance, les enfants de l’Autre sont grands aussi. Mais il se peut également qu’à la faveur d’une reproduction tardive ou parce que tout simplement votre amoureux du moment est beaucoup plus jeune (good for you Happy Quinqua), vous ayez à passer un week-end sur deux et la moitié des vacances avec son (ou ses) enfant(s). Et de rempiler. Ah vous pensiez en avoir fini avec le parc le dimanche aprés-midi, eh bien non !

Au début, vous allez jouer votre rôle de Nouvelle belle-mère cool et à sa place, vous saurez tenir vos distances et puis l’air de rien vous allez vous attacher à ces petits êtres sachant qu’un jour ils risquent de disparaître de votre vie.

Peu importe à qui la faute, le jour où l’histoire se termine, vous ne les verrez plus. C’est comme ça. Ce n’est pas une porte qui se ferme, c’est deux ! Les parents sont souverains mais les beaux-parents demeurent définitivement interchangeables, et vous ne pouvez que vous en désoler.

Bien sûr chaque cas est particulier et uniques sont les relations.

J’ai eu la chance dans le passé d’avoir deux ex-beaux-fils, tout deux merveilleux, beaux, intelligents, gentils, des bonheurs, du sucre. Beaucoup, beaucoup de temps ensemble, j’ai partagé une partie de leur enfance : des repas, des week-end, des vacances, des voyages….

Je ne les revois ni l’un ni l’autre.

Facebook m’apprend que l’un est devenu un beau jeune homme brillant et un peu artiste.

L’autre nous a quittés l’année dernière, nous laissant inconsolables.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

6 réflexions au sujet de « Les enfants des autres »

  1. Merci d’avoir mis magnifiquement en paroles ce que je ressens pour les enfants des autres et surtout les siens. Et tout ceci est bien intensifié quand on n’a jamais eu les nôtres.

  2. Facebook? Mais pourquoi ne pas le contacter directement pour se retrouver le temps d un cafe/diner/promenade…..histoire de dire je ne t ai pas oublie…. 😉

    1. c’est drôle ! je pense parfois à lui que je n’ai pas vu depuis 8 ans et clac aujourd’hui je l’ai aperçu dans le métro, mais c’était compliqué, il était loin et je n’ai pas osé, c’est quand même une sacré coïncidence non ?

  3. Merci d’enlever toute culpabilité à celles qui éprouvent quelque fois cette envie de baffer les enfants des autres (du moins certains) ! Le rôle de belle-mère (ou marâtre) n’est pas facile à tenir mais nous connaissons des jeunes femmes qui manient à la fois douceur et fermeté et s’en sortent très bien. La présence, même sporadique, des enfants de l’Autre n’est pas négociable et il faut s’adapter…ou renoncer.

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