Londres, Bruxelles ou Genève ?

J’avais pourtant envie de m’étendre le temps d’un post sur l’exil fiscal de Gégé, et sur celui de quelques uns de mes copains, mais à la réflexion cela me demandait trop d’effort de conciliation, je me connais, j’aurais dérapé. Je n’aurais pu m’empêcher d’évoquer la vulgarité des réactions dont celle de Philippe Torreton dans Libé hier, beurk beurk beurk beurk.

Je me souviens avec tendresse et amusement de certains de mes amis ouvertement engagés (je pense aux G, ils se reconnaîtront s’ils passent par là) qui déclinaient lors de débats musclés leurs convictions post-maoïstes avec fierté, prônaient l’école une et républicaine avec certitude et fustigeaient la société de consommation avec passion. Nous étions au tout début des années 90, cherchant tous à nous faire une place dans la vie.

Bol pour eux, mais compliqué pour leurs idées, les G firent fortune.

Et oui, personne n’est à l’abri d’une bonne idée au bon moment. Ensuite vint la gestion des paradoxes. Pendant un temps ils planquèrent leur succès, et puis le soleil l’hiver, les sacs Hermès, la propriété dans le sud, tout ça finit par se voir. Autant vous dire que nous qui les avions connus grands progressistes, on se marre !

A quoi ressemble leur discours aujourd’hui, aux G ?

Quelles sont leurs idées sur les nouvelles dispositions fiscales en France ? Bref, cela m’amuserait de reprendre les conversations là où nous les avons laissées, de vérifier si nos débats d’idées entre la doxa et l’épistémé n’ont pas évolué en considérations sur les plus et moins de Londres Bruxelles ou Genève.

Allez les G, soyez pas lourds, on en parle ?

Allo ? tiens, ça répond pas….

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

7 réflexions au sujet de « Londres, Bruxelles ou Genève ? »

  1. Eh oui cet ex-pays libre fait peur, ca dérape grave, tous les collabos sont de sortie, c’est la chasse aux sorcières planquer votre pognon, ils n’aiment pas les riches c’était annoncé, au dessus de 4000€ mens. (quelle indécence tant d’argent!!!)
    0,3% d’augmentation du smig ca c’est la classe!!! Bientot ca va balancer à tout va, il y aura des récompenses pour les fayots et les donneuses, c’est pas bien d’avoir du talent, c’est pas bien de se défoncer le c… ca va finir dans les stades à la mitrailleuse. Et si tout ca n’était pas des écrans de fumée pour masquer tant d’incompétences sur les sujets importants et agiter Mr Dupont.

    1. Hello Prince Biker ! ah je reconnais bien ton indignation,
      Moi je dis tout comme toi QUE C’EST UNE HONTE !!!
      Allez haut les cœurs, bonnes fêtes, gros baisers

  2. meme degout pour Tirebouchon… mes potes post-Maoistes, specialistes de la manipulation des masses, ont pour la plupart tres bien reussi dans le marketing.

  3. Marrant, j’ai exactement l’expérience inverse : je me souviens mais sans tendresse ni amusement d’un cousin et sa femme ouvertement engagé (très) à droite (ils ne peuvent pas se reconnaître car aucun risque qu’ils passent par là) qui déclinaient lors de débats musclés leurs convictions avec fierté, prônant l’ultralibéralisme, l’assurance privée, l’exil fiscal , la science off shore et les îles Caïman, fustigeaient les pauvres, les fonctionnaires, les enseignants, cette atroce société solidaire ou -horreur- on aidait les nécessiteux alors qu’on ponctionnait les riches, et prônaient la société de consommation avec délice et passion. Nous étions à l’aube des années 80, cherchant tous à nous faire une place dans la vie et il faut bien le dire, leur discours et leur arrogance décomplexée face à l’argent ne sonnaient pas comme un exemple à suivre nécessairement.
    Pas de bol pour eux non plus : après avoir  » réussi  » brillamment – socialement s’entend- mon cousin et sa femme perdirent leurs sociétés, leurs capitaux, leur manoir solognot et par la même occasion leurs  » amis » si chers, ce d’ailleurs en toute logique puisque pensant comme eux, les cousins devenus  » pauvres  » n’étaient plus des gens fréquentables….. Vint ensuite la gestion de leur situation personnelle : pendant un temps ils planquèrent leurs défaites et puis le manque de bronzage, les Rolex absentes aux poignets, la chaussure terne et le prêt à porter moyenne gamme remplaçant le sur-mesure, tout ça finit par se voir.
    Sans la confiance des banques plus de prêts, sans prêts pas d’argent et malgré leurs efforts impossible de rebondir réellement, plus de vacances au soleil puis plus de vacances du tout puis plus de logement. Ils trouvèrent refuge chez une sœur de province émus par leur sort. Puis un jour le cousin finit à décrocher un emploi, cachant tant que faire se peut sa situation – honteuse pour lui- de subalterne salarié. Deux ans plus tard suite à une restructuration le voilà au chômage, réalisant brutalement que gourmandise d’actionnaire ne favorisait pas sa situation. Passons sur un divorce ( Madame ayant mal vécu l’infortune de son époux) . Revu récemment par hasard dans un repas de famille où à défaut de chauffeur, sa résignation et sa solitude l’avaient finalement conduit, le voilà discourant amèrement sur cette société, crachant sa haine sur Sarkozy et « cette droite pour qui seule compte l’argent  » (sic)
    Autant vous dire qu’on n’avait même pas envie de rire : non, on a eu pitié, surtout lorsque nous avons appris qu’il a voté à gauche aux dernières élections.

    1. Excellent !
      Merci pour beau développé éclairé de ce contre exemple malgré tout plus triste que le mien car « monter » est toujours plus facile que « descendre », sauf en cas de prise de conscience liée à une révélation subite ou à diverses choses contrôlée par la volonté.

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