Mayami Bitch

 

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Malgré une nuit dérangée par la chaufferie d’un moteur d’Air Con ou genre, je m’étais promis de ne pas faire ma “française” et de profiter au maximum de ces quelques jours à Miami sans râler une seule fois. Sur un site agrégateur, j’avais loué une voiture pour une somme dérisoire, 111 dollars les 5 jours, qui, à la signature, allait se transformer en 330 dollars en comptant les diverses assurances, le GPS, le pass des péages et le sourire du loueur.

Au bout de 2 jours, je changeai de chambre et faute d’utilisation, je rendai ma voiture, parce que quand vous êtes à Miami Beach, il n’y a rien d’autre à faire que d’y rester, de s’installer à la terrasse d’un café et de mater le “too much” qui se décline à tous les étages.

Les couleurs sont trop fluo, les filles trop nues, les seins trop faux, les sourires trop figés, les peaux trop tatouées, la musique trop forte, les hommes, (ou ce qu’il en reste) trop musclés. Seuls quelques latinos et quelques blacks à casquette vissée à l’envers, à l’insolvabilité certaine qui les préservent de toutes formes de procès, osent traîner un regard concupiscent sur ces filles “trop” qui glissent en chaloupant, sur Ocean Drive ou Collins Avenue .

Une partie de la communauté française, de plus en plus importante, s’est retirée à Coconut Groove où se trouvent le calme, les couleurs pastels et l’école française. Ceux que je rencontre m’affirment que pour rien au monde ils ne reviendraient en France.

“Ici, la température de l’eau, de l’air et du corps est la même”, disent-ils. Vrai, mais l’Air Con dévaste certains (suis malade depuis 3 jours avec fièvre et nez qui pleure).

“Ici, monter une boîte prend 10 minutes” : certes mais le travail est bien taxé aussi il me semble.

“Ici, c’est plus joyeux”, oui mais la joie broie les tympans, la musique est toujours à fond partout et tout le temps : les restaurants, les pharmacies, même les salles de massage.

“Ici il y a de bonnes écoles”, rappelez-moi un peu combien ça coûte par enfant ?

“Ici, l’immobilier monte”, oui ça descent vite aussi. Et les charges qui représentent l’équivalent d’un loyer en France. Pour ne pas faire de vagues, nous ne parlerons pas de la santé. Avec une moyenne de 1000 dollars la visite chez le dentiste, négocié 800 si paiement en liquide, t’as intérêt à acheter ton dentier avant d’émigrer.

“Ici le vin n’est pas si mauvais”, indiscutablement, mais ils ne savent pas gérer la température des rouges, tu ne bois donc que du blanc glacé et comme il fait chaud, tu deviens plus vite alcoolique.


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“Oui mais ici quand tu gagnes de l’argent, on te répond : Good for you”.

Euh : “Joker”

Bon au final, j’ai fait ma française tout du long, mais quand même, Miami, c’est pas si mal.

c’est même vachement bien.

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

13 réflexions au sujet de « Mayami Bitch »

  1. Ce côté too much en tout, c’est agaçant, même la clim marche trop fort …Nous n’avons jamais visité ce coin des USA, mais on s’imagine le summum du mauvais goût.
    Alors finalement, il y a quelque chose qui vous plu ?

    1. Mais (presque) tout m’a plu ! j’adore l’architecture de ces immeubles blancs aux larges fenêtres, la nonchalance joyeuse des gens, l’immensité diverse… le rêve !

  2. Chaud devant les mauvais garcons , j’aurai du te filer le phone de Toni Montana il se serait fait un plaisir de te piloter et de te faire gouter la meilleure des francines, après cela, plus rien n’est too much. Remember yourself le superflu est nécessaire!!! Good for you.

  3. Pardonnez-moi de faire « bas bleue », mais ne faudrait-il pas plutôt écrire : « je changeaiS » et « je rendaiS » ? D’accord avec vous, le « too much » est insupportable et Miami ne me fait pas rêver même si j’aimerais cependant visiter le Miami Art Déco …

    1. Aïe je reconnais que je prends parfois mes aises avec l’orthographe, c’est souvent pure négligence, je n’ai pas le correcteur intégré et je ne me relis pas suffisamment, Cependant, sur ce coup-là, je maintiens mon passé simple au détriment de l’imparfait, qui me paraît moins approprié à la situation. Dans mon élan, on pourrait se poser la question pour le mot « bas-bleu » que vous utilisez, et qui (même si vous êtes une femme) ne prend pas de E à la fin.
      Bon ce n’est pas très grave tout ça, merci en tout cas pour votre commentaire. Et bon week-end.

    1. Ah c’est sûr qu’à la terrasse du Flore, défilent devant nous le Paris qui joue, chante, siffle, parle et photographie (de David Hamilton je retiens le merveilleux « elle a 23 ans, quand même, c’est bien au dessus de mes habitudes mais que voulez-vous les temps sont durs » + 2 ou 3 anecdotes de plus que je n’ose écrire, encore que si on me pousse un peu, sur un malentendu….

  4. Bonjour,
    Je cherchais des renseignements sur un certain Min Li qui travaille en Chine avec Nu Skin, j’ai lu votre terrible passage entre les mains de son homonyme et j’ai bien ri !
    Bravo pour le ton, le style et votre style de vie qui me rappelle de vieux rêves non assouvis.
    Je m’empresse de m’abonner à vos nouveaux articles !

  5. Et bien moi j’adore Miami . La propreté de l’air, la lumière, l’immensité cu ciel du lever au coucher du soleil et le mouvement permanent dans ses nuages .
    J’aime la courtoisie des gens qui rend la vie au quotidien simplement agréable. Je n’en demande pas plus des gens de la rue, juste ne pas me sentir agressée comme on l’est gratuitement à Paris.
    Les filles sont ridicules, empaquetées dans leurs mini jupes et perchées sur leurs talons . Elle sont moches et se ressemblent toutes , mais elles ne sont pas méchantes et ce qu’elle font de leur vie les regarde.
    Il y a des idées à développer, des business à monter, une population extrêmement variée et des besoins divers , propices aux idées et à l’entreprise.
    L’immobilier y est devenu cher. Oui, ben voilà, fallait y penser avant . Quand aux soins, oui, il n’y a pas de sécurité sociale . Il n’y a aucune couverture sociale , c’est d’ailleurs étonnant de sentir pourtant tellement moins de stress ici qu’en France où on sur protégés et devenus ingrat.
    Enfin je pense que ce brassage de culture latine chaleureuse et d’efficacité américaine est positif pour l’évolution de la ville. Et je vois dans l’architecture audacieuse de la ville, un reflet de ce mélange parfaitement réussi.

    A Miami, il y a tout et de tout . A chacun de choisir d’y voir ce qu’il a envie de trouver pour lui même.

    J’aime beaucoup votre blog dont j’ai beaucoup entendu parlé mais que je n’avais pas encore eu le temps de visiter . Catherine Piault

    1. S’il y a un peu d’acidité dans mes observations, je partage totalement chacun de vos points de vue, et pour être honnête, je serais même restée un peu plus longtemps. Merci pour ce commentaire.

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