Meat up

La viande et moi, nous sommes très copines. J’adore la viande, j’assume, je suis une carnivore revendiquée. En plus d’avoir toujours l’impression de puiser une farouche énergie en mangeant de la viande, j’en aime profondément le goût, celui d’un persillé bien grillé, d’une poire rôtie, d’une araignée saignante, d’une aiguillette juteuse, d’un jarret de veau moelleux, d’un “filet mignon medium rare”. Unknown Il se trouve que pour des raisons anciennes et professionnelles, je me suis penchée sur l’origine et l’élevage de la viande bovine, de sorte que s’il existait un camembert “Races de viande” au Trivial Pursuit, je gagnerais forcément, ça compenserait le » Orange », qui me fait perdre des points à chaque fois. Je devrais même pouvoir encore placer sur une carte de France la plupart d’entre elles, bon facile pour la Normande ou la Blonde d’Aquitaine mais allez positionner une Parthenaise, une Casta (et oui la Casta est une race bovine et non on ne la trouve pas en Corse) une Froment du Léon ou une Mirandaise ?

Laissez moi m’allonger quelques instants sur le canapé, voulez-vous, installez-vous à l’arrière confortablement, prenez un crayon et plongeons ensemble dans le passé. A l’heure du tout Veggie, d’où donc viendrait cette passion pour la viande ? Y a t-il quelqu’un pour se souvenir que nos mères nous donnaient du jus de viande soi-disant pour nous fortifier ? La mienne pressait un steak cuit à l’aide d’une espèce d’appareil en acier et nous donnait à boire le sang. Ai-je grandi chez les vampires ou était-ce une habitude du sud de la France dans les années 60 ? Si quelqu’un d’entre vous a une idée sur la question je suis preneuse.

De même, toujours à la même période, il y avait parfois du cheval dans l’assiette, c’était tendre, rouge avec un goût fort, j’adorais ! Là, j’en vois qui se signent, un crucifix dans une main, une gousse d’aïl dans l’autre.

Alors que dire de ces débats indignés sur la viande de bœuf/cheval ? C’est un crime somme toute assez relatif, non ? Il n’y a pas mort d’homme, pas d’allergies identifiées, on ne va pas en faire un plat. C’est juste une arnaque mise en lumière par une communication lamentable. Et puis la machine qui s’emballe et hop un PDG qui saute, une entreprise qui se met en faillite, des licenciements qui se profilent, des associations qui crient au sacrilège… Quel gâchis !

Entre nous, il vaut mieux du cheval dans la bonne partie que du bœuf dans la mauvaise non ?

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

13 réflexions au sujet de « Meat up »

  1. J’apprécie tout sauf le cheval par ignorance certainement.
    Je pensais connaître une bonne variété de races et je découvre des espèces inconnus.
    Donc mon camembert sera certainement vide.
    Par contre on s’en paie une tranche quand tu veux…

  2. J’ai aussi un problème avec le « tout veggy »: je peux éventuellement me passer de viande (souvent moyenne) mais pas de jus de viande.

  3. Ma mère faisait effectivement pour mon père de ce jus de viande. Et pour le tartare dont mon père raffolait, elle achetait de la viande de cheval réputée moins toxique à l’époque (pas de risque de ver solitaire!). En plus du cheval et du rôti de boeuf saignant, on mangeait aussi du foie, du coeur, de la cervelle, des tripes, bref toutes ces choses plus ou moins interdites aujourd’hui. Mais aussi des Roll-Mops, des harengs, des sardines, du sanglier….

    1. j’émettrais une réserve franche sur tout ce qui est abats, sauf le foie de veau que j’adore quand il est rosé et accompagné, le cœur je l’aime partout sauf dans mon assiette, les tripes ça pue grave, et la cervelle parfois on en manque… côté poissons gras : harengs, sardines ou anchois, je suis inépuisable ! (surtout anchois, mais c’est une autre histoire)

  4. J’adhère totalement à l’analyse du contexte actuel et de la communication faite autour de l’affaire. J’aime aussi la viande de cheval très goûteuse, même si les jours où je la consomme, j’évite de me souvenir que le cheval peut-être un animal gracieux. Mais nous mangeons aussi des agneaux …

    1. Je suis moi-même cavalière, dotée d’une incapacité définitive à établir un lien culinaire avec ma monture que par ailleurs j’adore.
      Sinon concernant la com de Findus, le dirigeant aurait dû se faire conseillé par un pro. C’est un très beau cas d’école sur la façon la plus efficace de torpiller et une boîte et sa carrière.

  5. La viande de cheval ne nous tente pas, pour de raisons diverses, mais comme vous nous adorons la viande sous toutes les variantes !
    Le fond du problème dépasse le cadre du « cheval ». Il est vrai, il n’y a pas mort d’homme. Mais il y a mensonge et tricherie, encore un scandale dans l’industrie alimentaire, c’est ça le fond du problème.
    En attendant, meating up !

    1. Je partage votre point de vue mais sans minimiser le problème, je trouve que les conséquences économiques sont disproportionnées par rapport au crime. Un meilleur contrôle dans la communication aurait été préférable, mais bon c’est un peu tard.

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