MON MARATHON A MOI

Vu au travers de mon prisme personnel le Marathon de New York ressemble à une sorte de grand messe d’où l’on ressort régénérés. Et pourtant, si on observe bien le tableau, ce grand bain bouillonant d’énergie fédère dans une immense ferveur commune des gens immobiles, frigorifiés, et sur-vêtus qui encouragent, d’autres gens, brûlants, presque nus et hyper pressés. Ben oui, c’est le principe de la course ! J’entends Géraldine et Pascal me dirent «t’en as d’autres des comme ça ?…’.

J’étais pour ma part avant hier matin postée du côté frigo de la barricade. Et c’était extra !photo

Alors pourquoi c’est si bon autant pour les participants que pour les autres ?  Et bien parce s’opère là par la grâce insidieuse d’une projection psychologique le transfert vers un héros qui n’en est pas moins une femme ou un homme du quotidien.

Le marathonien appelle l’accessible admiration du tout-venant. C’est the girl next door, la nièce de madame Michu, le cousin expert-comptable, le dirigeant d’entreprise, qui, pris en sandwich dans un dossard numéroté, nous offrent leur effort en brandissant (sans le vouloir) virtuellement notre paresse.

photo-1 Le Marathon, c’est la vie qui défile sous nos yeux avec cette image du travail, de l’obstination, de la souffrance. Bien sûr il y a les champions, les tout-en-stock, les déliés, les habitués, le genre guerrier massaï, mais il y a aussi des moins jeunes, des carrément seniors, des grassouillets, des lents, des «qui vont pas droit», des cabossés, des presque éclopés, des rigolards …. Tous nous renvoient sur l’idée / syndrome du «pourquoi pas moi, un jour peut-être».

Courir un marathon est une performance du cœur, il faut certes des articulations bien huilées et des muscles peu susceptibles, mais pas seulement. Il faut aussi intégrer la gestion disciplinée d’une alimentation adaptée et celle d’un entraînement sérieux. C’est apprendre à se connaître, c’est se connaître, s’accepter, oser, s’aimer !

photo-1Le marathon c’est la résistance et la persévérance. Sur l’air de «la fonction crée l’organe» plus vous courez plus vous pouvez courir. Pour la plupart d’entre nous, la limite est une inconnue. Je n’ai jamais vraiment cherché à connaître la mienne. Pendant combien de temps je peux courir ? 45 minutes je crois. Je n’ai pas le souvenir d’avoir fait plus, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir essayer de faire davantage non plus. Après avoir encouragé en hurlant le nom de mes amis lors de ce marathon de New York, mon sentiment du devoir accompli après 45 minutes de course à pied va me paraître étriqué, un peu «bas de plafond». En leur volant un peu de cette belle énergie, je suis désormais obligée de faire mieux. Merci à vous !

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

5 réflexions au sujet de « MON MARATHON A MOI »

  1. Comme je t’admire! moi, je cours un bloc et ça me suffit… c’est minable je sais.Tout comme toi , ca me renvoie a ma paresse naturelle et mon manque d’enthousiasme pour le sport; sauf la danse, je peux danser longtemps en souplesse et en cadence et bien sur je peux aussi pratiquer le meilleur sport du monde celui auquel on s’adonne au lit dans l’intimite avec un coequipier de son choix sans dossard, sans short et sans baskets… je hais les baskets et les sacs a dos.Ces inventions ont ete la fin de l’élégance…Mais le debut du sport et de la santé, je te l’accorde…
    Soit fiere de tes 45mn. C’est bien. Si ces masochistes préfèrent les chirurgies du genou et des hanches a la soixantaine ca les regarde…A chacun son truc.

    1. chère Papesse, commence donc par faire un block puis le lendemain 2… puis dirige toi jusqu’au park, c’est bien pratique tu y es tout proche; Progresse chaque jour un peu… Et je te donne 2 ans pour t’inscrire en candidat libre. Je te suis sur la danse mais le sport à deux dans un lit je ne vois pas du tout de quoi tu parles.

  2. Il est beau le bonnet sur la tof, belle spectatrice, du coup je ne sais plus du tout de quel coté de la barrière je voudrais être, et pourtant dieu sait si j’aime courir.

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