Paris Expo, Canaletto/Hopper : démarrage en troisième

L’exposition Canaletto au musée Maillol offre un bel échantillon de la production du peintre vénitien. On peut passer 10 minutes sur un tableau sans s’ennuyer, à regarder passer les gondoles, à chercher Charlie. S’il est inépuisable dans les détails, des dentelles aux fenêtres ou aux ronds dans l’eau, Canaletto est aussi un maestro de la perspective. Trois pas en arrière et la Serenissime du 18 ième siècle qui sur le plan historique amorce son déclin, apparaît alors, majestueuse dans ses bleus lagon lagune, lumineuse dans ses camaïeux de mordorés. 11 euros pour un voyage dans le temps à Venise, ça les vaut.

Comme après un long jeûne, comme pour profiter avidement de Paris sans retenue, me voilà lancée dans un bond dans le temps et dans l’espace en direction du Grand Palais pour la nocturne Hopper, un autre maître de la couleur. L’émotion est tout autant bousculée, mais pas dans le même sens. Personnages posés, gestion des ombres, part belle donnée aux décors, l’Hopper style nous prend de biais, on se sent presque gênés d’être ainsi le voyeur d’un coin de fenêtre derrière laquelle une dame un peu nue se tient. Alanguies et tristes, les filles Hopper sont ainsi, elles ont les seins pointus et l’air déprimé. Moins connus et plus époustouflants ses paysages de la côte Est des USA sont des petits bijoux, on en perçoit l’infiniment subtil, de la lumière rasante au souffle du vent. Pas le temps de se lasser, la visite est déjà terminée. Bref, intense, encore !

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

5 réflexions au sujet de « Paris Expo, Canaletto/Hopper : démarrage en troisième »

  1. Les époques changent, les regards aussi. L’une, Happy quinqua, mais néanmoins happy voit deux cinquièmes de seins que rien n’ébranle, l’autre, Hopper, mais néanmoins peintre voit les seins pointus et l’air déprimé, ou est le malaise? sans doute que l’air de la province des années 40 est moins profitable que l’air de New York d’aujourd’ hui à ces charmantes petites choses. En ce qui me concerne je vois dans ce sujet et ces différentes appréciations une occasion de plus d’etre encore plus attentif, notamment auprès des parisiennes et de leurs petits seins de Bakelite. Encore, encore.

  2. « Les filles Hopper ont les seins pointus et l’air déprimé » : j’adore ton sens de la formule ! Qui ne saurait occulter la finesse du reste de l’analyse… Et la question : faut-il chercher Charlie dans tes post ?

  3. Bonjour,
    J’ai hésité avant de laisser ce commentaire qui n’en n’est pas un car je n’ai vu ni Canaletto, ni Hopper. J’ai tenté de vous joindre via Facebook mais sans succès…Je suis donc obligée d’envahir (un peu) votre blog pour vous faire savoir que je cherche à vous joindre. Je suis journaliste (L’Express) et souhaiterais discuter avec vous de mes deux prochains sujets (j’ai fais beaucoup plus long et détaillé dans le message FB que je vous ai envoyé). Merci d’avance pour votre retour.

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