Que faire de ses vieux parents ?

2016-07-10-PHOTO-00000108Vers la Saint-Quantaine, alors que certaines d’entre nous viennent de vivre de grands changements : séparation, divorce, ralentissement professionnel, départ des enfants, ronde des amants … voilà qu’un autre problème spécifique aux gens de notre génération apparaît : les parents.

Avant 30 ans, les enfants sont le problème des parents, après 50 ans, les parents sont le problème des enfants.

Alors que faire ? Hespérides quatre étoiles ? EHPAD la plus proche ? Trois philippins H24 non déclarés ? Une chambre pour lui, elle ou eux chez nous ? Une question me taraude : comment font les gens ?

Avec un peu de chance vous avez de nombreux frères et soeurs, avec un peu de chance vous avez les moyens financiers, avec un peu de (mal)chance les parents ne sont plus un problème.

Mais quand ils sont encore là, il est clair qu’ils ne sont mathématiquement pas très en forme : C’est la tête ou les jambes qui défaillent, parfois les deux. Alors on rassemble tout ce que la bienveillance peut produire de mieux chez nous et on prend leur mal en patience.

et là je cale.

« Comment vais-je faire pour être drôle » dis-je au Doux en lui annonçant le titre de mon prochain post.
« Comment vas-tu faire pour ne pas être cruelle ? » me répond-t-il.

J’ai envie de balancer mon joker, d’éviter ce sujet lourd, trop lourd et de vous livrer plutôt comme je l’ai promis mes secrets sur les bienfaits des huiles en cosmétique. Parfois j’en ai marre de moi, je manque de courage quand c’est difficile, je n’en peux plus de procrastiner sans arrêt et de faire demi-tour sur le plongeoir pour redescendre par l’échelle (là une voix résonne dans le lointain : « Et ton bouquin, hein ? tu en es où de ton bouquin ? ») donc je continue…

Les problèmes de santé sont sans fin, ou plutôt oui avec une fin qui n’en finit jamais de finir. Les mauvaises pensées sont interdites et c’est un exercice particulier que de devoir observer impuissants leur déchéance physique et mentale.

Le temps et le divan se sont chargés de balayer les griefs envers eux, arguant l’encombrement toxique de la colère dans notre quotidien et nos relations amoureuses. A l’heure de leur faiblesse plus question de leur présenter la facture de nos névroses. On se contente de rassembler toute la bienveillance dont on est capable.
Les voir nous place en première ligne désormais et nous projette dans un futur que l’on espère désormais le plus paisible possible. Faut-il anticiper des choses comme ça ?

A l’occasion et dans très longtemps, préparez-moi un petit cocktail de médocs pour une fin choisie (dites-moi où il faut signer), il ne sera utilisé que si nécessaire, ou mieux quelqu’un aura la bonté de me fournir en drogues dures pour savourer une fin de vie douce.
Mais la maison de retraite : NON ! Y voir ma pauvre mère dans son fauteuil roulant me fend le coeur même si elle a l’air assez contente de faire ses coloriages et ses poupées de chiffon avec des copines dans le même état.

J’espère que sous coke ou sous zéro, dans un sourire prolongé, nimbée d’une foi à nouveau sollicitée, j’aurai toujours l’envie et l’énergie de rédiger des happy posts sur mon futur site www.happyocta.com.  Je compte sur vous, mes vieilles copines de toute la vie, pour vos commentaires impertinents.
Post rédigé à Cadaquès, en écoutant Charles Trenet

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

18 réflexions au sujet de « Que faire de ses vieux parents ? »

  1. J’en ai le souffle coupé tellement qu’il sonne juste ton article. T’inquiète, il fait aussi rire.Ta vieille copine qui s’apprête à descendre avec son père presque nonantenaire ds le Sud

    1. Le sujet parle à tous et toutes, c’est très compliqué, je navigue à vue entre culpabilité et petites actions bienveillantes. On fait ce que l’on peut et ce n’est pas assez c’est sûr.

  2. J y pensais justement. C’ est dur…on souhaite juste qu ils restent autonomes le plus longtemps possible…il faut aussi anticiper pour le cas où…un logement pratique et près des commerces par exemple,…

    1. Oui il faut s’organiser en fonction de ce que l’on est capable d’offrir : le temps, la disponibilité, les moyens. au moment de nos pleins moyens on ne pense pas par exemple qu’un rez de chaussée c’est plus simple et pratique qu’un logement à étage.

    1. tous les moyens tels ceux de l’enfance sont bons pour rester stimulés : dessins, construction, … heureux sont ceux qui ont acquis le goût de la lecture, ceux-là peuvent voyager.

  3. Ah! L’inéluctable destinée de ceux qui nous sont chers (qui préfigure la nôtre par la même occasion)… Ces étapes tristes qu’il va falloir obligatoirement parcourir, en attendant de les vivre nous-mêmes… Ce n’est pas une vie, parfois, la vie!
    Si ce n’est déjà fait, je vous conseille vivement « La touche étoile » de la regrettée Benoîte Groult; vous y trouverez sans doute bien des réponses, et peut-être même une manière de soulagement.
    PS Je vous découvre aujourd’hui, et serai heureuse de vous suivre à l’avenir. Et je vous souhaite de profiter sereinement de l’Espagne!

    1. Merci à vous Baladine, oui j’ai beaucoup aimé La Touche étoile de Benoîte Groult même si je ne suis pas toujours très à l’aise avec la lecture de sujets aussi grave.
      Bienvenue sur mon blog Happy Q où j’essaie de faire sourire avec des sujets qui pourraient faire pleurer.

  4. Mille fois je me suis posé cette honteuse question « que dois-je donc à mes parents ? », alors même que la version cornée de ma petite voix intérieure me soufflait de m’occuper de mes seules affaires, mes désirs inaccomplis, passer le permis moto, prendre des cours de guitare, voyager… et plus encore si affinités.

    De son coté, ma conscience ailée, cette garce hypocrite, me traitait ouvertement d’égoïste, même lorsque j’argumentais du temps définitivement passé sur cette terre face à celui restant logiquement plus court à tenter d’en profiter…

    Sans vouloir aucunement diriger mon commentaire vers un discours philosophique commun, nous devons bien reconnaitre que nous n’avons en réalité qu’une seule et unique vie. Celle-là même que nous avons déjà largement consacrée à faire tout ce que ce drôle de monde nous imposait : travailler, élever nos enfants, gérer promptement nos charges administratives, respecter nos voisins et se taper plus souvent qu’à notre tour les intrusions de la belle famille… Entre envie et responsabilités, au moment où nous nous sommes enfin débarrassé, passé la cinquantaine, d’une part de cette « moitié » dont on ne supportait plus les petites habitudes et d’autre part de cette progéniture qui s’est décidée à affronter naturellement sa propre existence, je trouve plutôt normal, voir assez sain, de se consacrer avant tout à soi-même.

    Je me projète donc souvent en lieu et place de mon père (ma mère nous ayant quitté l’an dernier), en imaginant ce que le bel adulte que je suis souhaite imposer à ses enfants lorsque le temps sera venu pour moi de préparer ma dernière révérence. Et franchement, que je sois foudroyé à l’instant si mon avenir et ma fin sont destinés à faire porter un quelconque poids à la chair de ma chair… Impossible de le concevoir. Jamais.

    Evidemment, j’aurais à prendre des décisions sans doute, mais ma propre vie restera ma priorité. Et le travail difficile que j’ai eu fait et que je continue à faire sur moi, accompagné ou non, me persuade que mon chemin m’appartient.
    Soyons clairs, tout chantage social affectif n’a plus de prise sur moi. Que mon image en soit altérée dans l’esprit de quelques bien-pensants me touche à peu près autant que le mode de reproduction des céphalopodes benthiques en méditerranée… Et puis poussière, je retournerai poussière. Qu’il en soit ainsi pour moi et pour mes géniteurs…

    Je suis libre aujourd’hui. Que je le reste le plus longtemps possible ! Je l’ai mérité.

    Voilà donc mon témoignage, celui d’un quinqua optimiste, qui veut juste vivre plus pleinement, plus intensément encore que durant ses années trop rapidement écoulées.

    Nicolas.
    (J’aime beaucoup ce blog…)

    1. Merci Nicolas pour votre témoignage personnel dans lequel nous sommes nombreuses à nous reconnaître. Restez optimiste et continuez à promener un regard bienveillant sur toutes vos expériences passées même (et surtout) quand elles vous ont fait perdre du temps. Merci aussi pour votre venue sur mon blog. A bientôt

  5. Devenir le parent de ses parents est l’une des choses les plus déchirantes que la vie nous réserve….je ne vois pas comment on peut l’anticiper…
    J’ai malheureusement vécu les deux : mon père Alzheimer et Parkinson miraculeusement parti brutalement à 87 ans d’un blocage artériel, puis la lente agonie de ma mère, Alzheimer aussi dans une EHPAD pendant 8 ans de 87 à 95 ans et ma longue culpabilité….

    Et oui j’espère être assez consciente pour avaler le cocktail avant cela …. J’ai un pacte avec ma meilleure amie …

      1. quel beau blog qui naviguent les grandes questions de notre existence avec la sagesse de Socrate et l’humour de Woody Allen…
        Ma chère M.quand on prend la responsabilité de partager ses pensées avec les autres on est oblige de trouver sa force a l’intérieur..Tu sais nous montons tous au plongeoir et puis en voyant la distance entre nos pieds et l’eau de la piscine, souvent le vertige nous fait redescendre dare dare sur le sol, pour se mettre a l’abri
        du danger. Ce n’est pas un péché c’est un autre pas vers le courage.
        La fois suivante , on plonge.
        Tu sais il ne faut pas se sous-estimer. Quand on confronte les urgences, on trouve des solutions, quelles qu’elles soient..Nous avons de bons reflexes de survie…ne te fais pas trop de bile a l’avance. Tu y vas un peu fort. As tu songe avant ta finalité, dans quel lieu tu vas vouloir vivre tes vieux jours? tu es forte, tu ressemble aux félins, tu retombera toujours sur tes pattes.
        Profite de l’Espagne, des lauriers roses, des couchers de soleil, de l’être qui t’aime
        et qui t’aime suffisamment pour te rappeler a l’ordre de temps a autre…
        Et comme dit Pégase: et pourquoi pas les poupées de chiffons?

  6. Comment ne pas sentir concerné par cet article – nous avons encore nos mères âgées mais autonomes et une belle-mère dans un établissement « étoilé », EHPAD et là, ce n’est pas la joie, contrairement à ce que chante Charles Trenet…
    Forcément, on se projette dans un avenir finalement pas si lointain que ça !
    Alors doublement Carpe Diem pour le moment, après on verra, on diluera la pilule dans le champagne, ça passe mieux…

  7. Bel article toute en nuance et subtilité. j’ai la (mal)chance de ne plus les avoir, ils sont morts il y a 20 ans. Malgré la peine, ce fut une libération… Ils étaient encore autonomes.

  8. Arf ! moi je suis presque fille unique et tellement pauvre que s’ils me couchaient sur leur testament il faudrait que je paie. Et vraiment pas (plus) prête à devenir orpheline. Bref je suis coincée, youpi ^^

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