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Chics échecs


Comme la lumière pour le misérable insecte volant, l’échec m’attire. Pourquoi ai-je toujours été tentée, bien malgré moi, de multiplier les situations où l’échec possible avait sa place ? Je redescends du plongeoir de 10 mètres, je choisis des voies de garages, je me trahis au moindre mensonge, et me mets en danger instinctivement… Voilà comment (et sur le tard) j’en suis venue à me poser des questions sur Pourquoi je me savonne la planche dés que je le peux.

Mais surtout à quel moment ai-je réalisé le caractère voluptueux de cette attirance pour l’échec ?

Quelques séances de psychanalyse et un peu de lectures ont mis le doigt sur l’existence conjuguée d’un sentiment d’imperfection, d’un cocktail de peurs chroniques, et d’un narcissisme contrarié.

Mais après m’être perdue dans des accusations parentales, ce qui à partir d’un certain âge lasse un peu, autant les psys que l’entourage, je me suis faite à l’idée qu’il serait bon d’en faire quelque chose.

J’ai donc développé deux qualités auxquelles je dois sinon ma survie du moins ma capacité à encaisser l’échec le plus plaisamment possible.

L’audace est l’une d’entre elle, et même la première d’entre elle, car sans audace, il n’y a pas de prise de risque et sans risque il n’y a pas d’échecs possibles. Sans excès de réflexion préalable, je place la barre suffisamment haut pour être sûre de me prendre le mur, mais comme personne n’est à l’abri d’une bonne surprise il m’est arrivé en courant un peu vite, en prenant mon élan du bon pied, en me cambrant suffisamment, de le passer le mur. De justesse, certes, mais de le passer.

La seconde qualité développée qui m’a toujours aidée à faire passer la pilule du ratage, c’est la narration de l’échec.

Quand je raconte mes bides je jubile, et mon auditoire également. Alors j’en rajoute des caisses, j’invente des détails, je saupoudre de formules, je mime la scène, je prends des accents. Les gens se marrent, je suis ravie (beaucoup moins qu’avec ma copine Sandrine Sarroche qui est 40 000 fois plus marrante que moi, mais bon elle c’est son métier)

Si je n’étais pas aussi paresseuse, à la place de « distractions culturelles ou de La mode à 50 ans, j’ouvrirai sur ce blog une rubrique « Chics échecs » dans laquelle je raconterai mon Best of. 

Tiens ça pourrait être aussi le titre de mon prochain livre. 

Le Doux me dit que l’échec ça use. Je lui réponds que ça n’use pas si on s’en sert. Un truc de Wonder Woman (ouais bof)

Petit clin d’oeil à Charles Pepin dont j’ai adoré Les Vertus de l’échec

Post écrit en écoutant Philip Glass Akhenaten, (parce qu’il y avait longtemps).

Demain séance photo pour Terres Catalanes

Dimanche prochain (le 17 février) je serai au Salon du livre d’Enghien, avec Les Jeunes Femmes de 50 ans (JC Lattès) –

Photo d’une oeuvre d’Andy Warhol, prise au Whitney Museum

Happy Quinqua, c'est moi !

5 Comments

  • a.guedon@gmail.com

    Très souvent, et réellement dans ce que je lis, la résilience permet de survivre, et quelque fois très bien. Elle empêche généralement de vivre, c’est à dire de s’adapter aux nouvelles situations.

  • DJ

    Hello Mylène,
    Une citation que j’adore concernant les jeunes femmes de 50 ans et déclinée par Amanda Lear hier dans le JDD: … »cela m’a permis de devenir une femme mûre, c’est à dire comme les fruits du même nom:bonne à consommer »

    Hé hé nous avons encore un peu de marge, j’espère!

  • Matching Points

    L’une de nous se souvient que le premier devoir de Philo de sa lointaine Terminale avait pour sujet : « Qu’est-ce que l’échec ? » . Ni très engageant ni très productif : à 17 ans que sait-on de l’échec ? Passé le demi-siècle (de vie) on pourrait remplir plusieurs pages. Trop tard ! … La note fut très médiocre 🙁

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