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Se rappeler d’où on vient

Des 26 élèves présents sur la photo de classe, 3 étaient partis comme on le dit pudiquement, 4 n’avaient pas pu se libérer (ou n’avait pas voulu affronter le passé) 3 étaient les frères ou soeurs, et 16 étaient au rendez-vous.

Sur le coup de 12H30 tel un crabe méfiant arriva Francine Ferrer, 

Celle qui avait été notre institutrice du CE1 à l’école communale de Collioure en 1967 avait gardé intact ce regard qui nous terrifiait mais que le grand âge avaient habillé désormais d’un voile vitreux.

Du haut de ses 97 ans (et autant en centimètres) Madame Ferrer, comme on l’appelait, avait pour elle le grand nombre d’années qui inspirent le respect mais contre elle les souvenirs que certains d’entre nous avaient maintenus enfouis jusqu’à ce jour, et avec lesquels nous avions dû composer.

L’époque encourageait à la toute puissance des instituteurs et Francine était bien de son temps. 

Jean a raconté comment elle lui collait du scotch sur la bouche pour le faire taire, Philippe comment elle utilisait la règle en fer sur ses doigts rassemblés, et moi comment elle me frappait sur la tête en hurlant. Aujourd’hui Francine prendrait perpète.

Seules Rose, Brigitte et Marie n’avaient aucun grief, et pour cause elles étaient de bonnes élèves, elles !

J’ai dû attendre mes 18 ans pour me réconcilier avec les études, et ce samedi 19 octobre pour exprimer à Madame Ferrer à quel point tout était pardonné depuis longtemps.

J’avais hésité à revoir mes anciens camarades cinquante ans plus tard, et franchement ce fut un plaisir infini.

Francine Ferrer eut malgré tout le mot de la fin : « Allez on se revoit la prochaine fois à mon enterrement »

Post écrit en écoutant rien Maëlle Toutes les machines ont un coeur

Photo : Collioure

Happy Quinqua, c'est moi !

4 Comments

    • M.

      Oui c’était un moment incroyable, mais le temps qui passe est d’une cruauté,
      franchement heureusement qu’il nous reste l’humour, la Joie, l’optimisme
      mais d’abord a t-on le choix !

  • matchingpoints

    On fait la même chose régulièrement (les Allemands adorent les réunions de classe). Il y a celles à qui on a toujours rien à dire, et celles qui nous surprennent et que l’on découvre. Et pareil pour les institutrices et profs, dont beaucoup ont disparu…
    Le temps passe !

    • M.

      Je suis bien d’accord avec vous, les gens restent ce qu’ils sont. Les premières de la classe l’étaient toujours; C’étaient elles qui avaient organisé ce repas et c’était parfait.
      Bonne fin de vacances si vous y êtes toujours. Je vous embrasse

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