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SEMPRE LIBRE

Je suis née un 7 novembre, comme Albert Camus et David Guetta, une date un peu sinistre, peu festive, qui a parfois eu l’inconvénient de me faire passer quelques week-ends à deux sous la pluie dans une capitale européenne. Si j’avais été née un 7 mai par exemple mes cadeaux « week-end » auraient été plus ensoleillés et par le jeu des ponts cumulés m’aurait peut-être envoyée vers des destinations plus lointaines. 

En général, pour mon Bday, j’interdis toute forme de surprise. J’ai la certitude que les amis qui sortent de derrière le canapé une coupe à la main pourraient arrêter net les battements de mon coeur. J’ai l’émotion violente et la larme facile. Dans tous les cas un inconfort incompatible avec ma pudeur et que je n’entends partager avec personne, même si tout ceci relève de la plus délicate attention.

Bravant mon interdit, mes deux enfants, confiants en ma solidité artérielle, et qui peut-être ont compris que je disais parfois le contraire de ce que j’affirme, m’ont concocté un petit voyage surprise. 

Sur ma carte d’anniversaire il y avait des indices : un poisson, un micro, et un flocon de neige.

J’ai d’abord pensé à un karaoké prés d’un lac de montagne, puis j’ai décidé de laisser mon imagination au vestiaire et je n’ai pensé à rien. 

Ce n’est qu’une fois dans l’avion que j’ai su la destination. 

Stockholm !

Joie. 

Les pays scandinaves ont ce charme de l’hiver qui rend précieux la lumière. Vu que le soleil se couche à 14H51 d’après l’appli Google, et que la température se promène entre deux et moins deux, il faut viser juste, histoire de capter la rareté de l’instant. Et comme ce qui est rare est désirable …

Mais où sont les voitures, et où sont les gens ? Quand on vient de Paris centre en période de grève c’est la question qui s’impose.

Grandes allées sans embouteillage, densité à taille humaine, une respiration exempte de particules … De l’eau, des espaces verts, la ville se visite à pied et en bateau.

Le climax du week-end résidait dans l’explication « micro » de la carte. 

Mes enfants avaient réservé des places à l’opéra. Comment me faire plus plaisir ? Là pareil je n’ai su qu’au tout dernier moment quel était l’opéra.

Traviata

Re joie

Là des souvenirs de leur enfance me sont remontés. Moi dans la voiture chantant l’air « Sempre Libre » et me vautrant lamentablement dans le contre-ut, et eux, petits, à l’arrière, hilares, me suppliant d’arrêter le massacre. 

Aussi quand Violetta est montée sur la table pour entonner cet air, je n’ai pu m’empêcher de sentir les extrémités de mes yeux se charger d’eau.

L’émotion violente, du niveau de la pub BASF, les plus de 50 ans comprendront.

Demain (ou après demain) mes voeux

Happy Quinqua, c'est moi !

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