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    Se rappeler d’où on vient

    Des 26 élèves présents sur la photo de classe, 3 étaient partis comme on le dit pudiquement, 4 n’avaient pas pu se libérer (ou n’avait pas voulu affronter le passé) 3 étaient les frères ou soeurs, et 16 étaient au rendez-vous. Sur le coup de 12H30 tel un crabe méfiant arriva Francine Ferrer,  Celle qui avait été notre institutrice du CE1 à l’école communale de Collioure en 1967 avait gardé intact ce regard qui nous terrifiait mais que le grand âge avaient habillé désormais d’un voile vitreux. Du haut de ses 97 ans (et autant en centimètres) Madame Ferrer, comme on l’appelait, avait pour elle le grand nombre d’années qui…

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    La vérité

    J’ai démarré le blog il y a quelques années parce que j’avais envie (ou besoin) de raconter les bouleversements de cette période de la vie qui n’en était pas moins intense. Mes enfants devenus grands étaient sur le départ, je venais de céder les commandes de mon agence de publicité et je ne rencontrais que des hommes avec lesquels je n’avais rien à faire. Soudain célibataire, sans enfant et sans travail, ma vie, à 50 ans, s’est vidée d’un coup, presque du jour au lendemain.  Alors j’ai écrit. J’ai écrit pour partager mes observations, raconter mes expériences, et pour, décrire le recommencement de ce qui est pour beaucoup un nouveau…

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    Est ce qu’on ne pourrait pas être un tout petit peu moins bien ?

    Devant ma page blanche le regard éthéré, le coeur léger, le corps repu, la plume en panne, je me pose la question : de quoi a t-on besoin pour écrire ? Non la réponse attendue n’est pas d’un Bic ou d’un Mac (ni d’un Big Mac). Activons le mode abstraction quelques instants, éteignons le portable (au moins juste après la lecture de ce post) et méditons sur ce qui est propice à secouer ardemment nos neurones insuffisamment sollicités en cette période estivale et mis en sommeil par trop de tranquillité, de siestes ou de rosé. Est-ce que le soleil, le bien-être, ou la beauté des alentours, à savoir des choses…

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    Tous à la colo

    Au bout de la quinzième exclamation « QUOI Tu ne l’as pas encore faite ? Ah mais tu sais qu’à partir de 50 ans, tu es obligée, promets moi que …. »  Pourquoi ai-je décidé que le bon moment serait au retour de ma cure ayurvédique ? J’avais les chakras bien ouverts, le colon rose millénial presque transparent, la colonne vertébrale en virgule inversée à cause de la position du cobra pratiquée huit fois par jour… J’avais éradiqué de mon alimentation le café, l’alcool et le pain, bref c’est donc armée de défenses immunitaires au taquet que j’ai démarré ma préparation à la colo. Pour les novices, je signale que la veille…

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    Quinquados : le retour

    Il est celui qui se déplace en trottinette électrique le fil dans les oreilles avec du rap dedans. Elle est celle qui pique le jean’s de sa fille et danse jusqu’à pas d’heure.  Il joue au poker en ligne, elle est tatouée quelque part, ils sont sur Tinder, Insta, snapchat…. On reparle d’eux, ce sont les quinquados, ces grands enfants qui vivent dénués de contraintes et plongent facilement dans la légèreté et l’insouciante propres à la jeunesse.  La cinquantaine rugissante, la quinquado femme est plutôt célibataire et heureuse de l’être même si la chasse est ouverte. Le vendredi soir après le boulot elle retrouve ses copines pour boire des mojitos…

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    Que sont nos enfants devenus ?

    Le contexte économique favorable dans lequel nous avons grandi glorifiait volontiers l’entreprise et le travail. Il fallait faire des études pour être embauché(e)s quelque part, si possible dans une grosse boîte avec un CE, des tickets restau et une carte orange. Après trente petites minutes d’entretien, nous étions partis pour une longue aventure commune. Nous étions assez fiers de notre appartenance à la firme. Il fallait aussi avoir un truc qui n’existe plus trop aujourd’hui : un Plan de carrière.  Sur nos CV il n’y avait pas grand chose qui dépassait.  Et puis nous avons vécu en direct de multiples révolutions autant sociétales que digitales et ce bouleversement a fait…

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    Ça fait quoi d’arrêter les réseaux sociaux ?

    En début d’année je décidais de freiner ma présence sur les réseaux sociaux jugeant ces invites à la déconcentration comme incompatibles avec l’écriture.  Depuis je résiste en tenant à distance les deux ogres chronophages que sont Facebook et Instagram. Ce n’est pas chose facile tant la chose était devenue réflexe et si aisément consommable entre deux paragraphes, deux virgules, ou deux coups de fil. Ce surfing inutile me permettait pourtant de savoir que Riri se tapait la bronzette à Tulum, Fifi la cloche à la Baule et Loulou une bosse de rire à la soirée des anciens. Le défilé vertical des plats, des selfies de l’amour fier, des pieds vernis…

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    Chics échecs

    Comme la lumière pour le misérable insecte volant, l’échec m’attire. Pourquoi ai-je toujours été tentée, bien malgré moi, de multiplier les situations où l’échec possible avait sa place ? Je redescends du plongeoir de 10 mètres, je choisis des voies de garages, je me trahis au moindre mensonge, et me mets en danger instinctivement… Voilà comment (et sur le tard) j’en suis venue à me poser des questions sur Pourquoi je me savonne la planche dés que je le peux. Mais surtout à quel moment ai-je réalisé le caractère voluptueux de cette attirance pour l’échec ? Quelques séances de psychanalyse et un peu de lectures ont mis le doigt sur…

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    Pschitt

    Nous sommes dans un monde où tout se lit, se dit, se vit, en accéléré. L’info est obsolète le jour même, la mode multiplie les tendances pour avoir un truc à dire, et le scoop est toujours dans le bégaiement incessant de sa réalité augmentée. Les émotions fluctuent, on s’emballe, on crie, on (grand) débat, on échange, on s’indigne, on se newse, on se fakenewse, on se like, on forwarde, on est content de découvrir le nouveau truc, on parie sur lui, elle, eux. Les vagues d’info passent par le prisme des experts. Les tribuns s’éclatent. Et puis dans le retour au calme, on remarque le phénomène qui s’inverse. Après…

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    To Yann Moix (French & English version)

    A l’heure qu’il est, vous n’avez plus d’ongles, c’est sûr.  Les femmes et votre éditeur vous sont tombés dessus et vous hésitez entre regretter vos propos et vous féliciter d’un buzz nauséabond qui vous replace dans cette lumière que vous avez un peu perdue en passant d’une chaîne à l’autre. Une partie des femmes (celles qui achètent des livres) est en train de planter des aiguilles dans votre effigie.  Vos propos blessants et les excuses qu’on vous obligera à faire seront-elles suffisantes ? Je ne vous reproche pas de penser qu’il vous serait impossible d’être avec une femme de 50 ans, c’est votre droit et c’est le cas de certains…