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    L’agence

    Il y a 30 ans presque jour pour jour je montais ma boîte. Une agence de publicité qui s’appelait QUALIPIGE, ce qui faisait parfois sourire ceux qui comprenaient le jeu de mot. Qualipige proposait aux marques la réalisation de campagnes en publi-reportages dans les magazines, une technique de communication d’une autre époque (aujourd’hui on dirait du « brand content »). Au début je sous-louais un coin de bureau dans un loft près de la Bastille, puis très vite nous avons eu de gros clients et de grands bureaux dans une petite maison toute en couleurs qui s’étalait à la verticale sur six niveaux.  Au rez-de-chaussée était l’accueil, avec derrière ce qu’on appelait…

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    Poème à Maurice

    Île est du féminin, mais comme il est sans eux  Il est du masculin dès lors que je le veux.  On dit île Maurice mais c’est elle qui séduit,  Tout au long du jour, tout au bout de la nuit Elle est cette belle île posée dans un écrin,  Caillou diamant perdu dans l’océan indien.  Les couleurs de Maurice irisées le matin Frémissent, vibrent, et nous vont bien au teint.  Même les rares tons gris des capricieux nuages  Appellent la flamboyance des couleurs du rivage. Mais c’est le sable clair des fonds où l’on a pied  Qui donne à notre voûte la cambrure qui sied. Et de marcher au bord…

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    POST VOEUX

    Parce que se souhaiter d’heureuses choses peut se faire le 1 ier janvier mais pas seulement. Parce qu’à un moment de l’année faire un bilan est toujours une bonne idée. Ainsi, 2018 a été une année riche : sortie de mon livre, en France, au Royaume Uni, en Australie, merveilleuses promotions (Salons de livres, Nocturnes littéraires), des interviews, des voyages, des rencontres … En comparaison, 2019 me laisse un sentiment mitigé fait d’attentes, de doutes et de réparations. J’ai peu produit, peu voyagé, presque rien écrit et affronté trop de migraines. En positif cependant, des lectures, des rêves et quelques formations. J’ai suivi des cours de langues, participé à un…

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    SEMPRE LIBRE

    Je suis née un 7 novembre, comme Albert Camus et David Guetta, une date un peu sinistre, peu festive, qui a parfois eu l’inconvénient de me faire passer quelques week-ends à deux sous la pluie dans une capitale européenne. Si j’avais été née un 7 mai par exemple mes cadeaux « week-end » auraient été plus ensoleillés et par le jeu des ponts cumulés m’aurait peut-être envoyée vers des destinations plus lointaines.  En général, pour mon Bday, j’interdis toute forme de surprise. J’ai la certitude que les amis qui sortent de derrière le canapé une coupe à la main pourraient arrêter net les battements de mon coeur. J’ai l’émotion violente et la…

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    Se rappeler d’où on vient

    Des 26 élèves présents sur la photo de classe, 3 étaient partis comme on le dit pudiquement, 4 n’avaient pas pu se libérer (ou n’avait pas voulu affronter le passé) 3 étaient les frères ou soeurs, et 16 étaient au rendez-vous. Sur le coup de 12H30 tel un crabe méfiant arriva Francine Ferrer,  Celle qui avait été notre institutrice du CE1 à l’école communale de Collioure en 1967 avait gardé intact ce regard qui nous terrifiait mais que le grand âge avaient habillé désormais d’un voile vitreux. Du haut de ses 97 ans (et autant en centimètres) Madame Ferrer, comme on l’appelait, avait pour elle le grand nombre d’années qui…

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    La vérité

    J’ai démarré le blog il y a quelques années parce que j’avais envie (ou besoin) de raconter les bouleversements de cette période de la vie qui n’en était pas moins intense. Mes enfants devenus grands étaient sur le départ, je venais de céder les commandes de mon agence de publicité et je ne rencontrais que des hommes avec lesquels je n’avais rien à faire. Soudain célibataire, sans enfant et sans travail, ma vie, à 50 ans, s’est vidée d’un coup, presque du jour au lendemain.  Alors j’ai écrit. J’ai écrit pour partager mes observations, raconter mes expériences, et pour, décrire le recommencement de ce qui est pour beaucoup un nouveau…

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    Est ce qu’on ne pourrait pas être un tout petit peu moins bien ?

    Devant ma page blanche le regard éthéré, le coeur léger, le corps repu, la plume en panne, je me pose la question : de quoi a t-on besoin pour écrire ? Non la réponse attendue n’est pas d’un Bic ou d’un Mac (ni d’un Big Mac). Activons le mode abstraction quelques instants, éteignons le portable (au moins juste après la lecture de ce post) et méditons sur ce qui est propice à secouer ardemment nos neurones insuffisamment sollicités en cette période estivale et mis en sommeil par trop de tranquillité, de siestes ou de rosé. Est-ce que le soleil, le bien-être, ou la beauté des alentours, à savoir des choses…

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    Tous à la colo

    Au bout de la quinzième exclamation « QUOI Tu ne l’as pas encore faite ? Ah mais tu sais qu’à partir de 50 ans, tu es obligée, promets moi que …. »  Pourquoi ai-je décidé que le bon moment serait au retour de ma cure ayurvédique ? J’avais les chakras bien ouverts, le colon rose millénial presque transparent, la colonne vertébrale en virgule inversée à cause de la position du cobra pratiquée huit fois par jour… J’avais éradiqué de mon alimentation le café, l’alcool et le pain, bref c’est donc armée de défenses immunitaires au taquet que j’ai démarré ma préparation à la colo. Pour les novices, je signale que la veille…

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    Quinquados : le retour

    Il est celui qui se déplace en trottinette électrique le fil dans les oreilles avec du rap dedans. Elle est celle qui pique le jean’s de sa fille et danse jusqu’à pas d’heure.  Il joue au poker en ligne, elle est tatouée quelque part, ils sont sur Tinder, Insta, snapchat…. On reparle d’eux, ce sont les quinquados, ces grands enfants qui vivent dénués de contraintes et plongent facilement dans la légèreté et l’insouciante propres à la jeunesse.  La cinquantaine rugissante, la quinquado femme est plutôt célibataire et heureuse de l’être même si la chasse est ouverte. Le vendredi soir après le boulot elle retrouve ses copines pour boire des mojitos…

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    Que sont nos enfants devenus ?

    Le contexte économique favorable dans lequel nous avons grandi glorifiait volontiers l’entreprise et le travail. Il fallait faire des études pour être embauché(e)s quelque part, si possible dans une grosse boîte avec un CE, des tickets restau et une carte orange. Après trente petites minutes d’entretien, nous étions partis pour une longue aventure commune. Nous étions assez fiers de notre appartenance à la firme. Il fallait aussi avoir un truc qui n’existe plus trop aujourd’hui : un Plan de carrière.  Sur nos CV il n’y avait pas grand chose qui dépassait.  Et puis nous avons vécu en direct de multiples révolutions autant sociétales que digitales et ce bouleversement a fait…