Faut-il garder ses cheveux blancs ?

Les femmes quinquas sont de plus en plus nombreuses à assumer leurs cheveux blancs. La démarche est déterminée, gonflée, positionnante, d’une audace respectable, elle est presque un bras d’honneur. Mais à l’attention de qui ?
Cette forme d’affirmation de soi n’est pas encore très « à la mode », heureusement car c’est, pour moi, un peu comme se balader avec un truc qui clignote collé sur le front, à savoir sa carte d’identité. Elle signifie à ceux qui vous croisent au cas où ils ne l’auraient pas remarqué que vous avez atteint l’âge charnière du renoncement.

Renoncer à se faire les racines, c’est renoncer à essayer de paraître plus jeune. On vous dira que c’est aussi accepter son âge, oui, mais dans ce cas-là où est la limite entre le soin de soi et l’obsession impérieuse de la jeunesse ?

Pour ma part, je place le curseur au milieu : entre un soin de soi +++ et une obsession du paraître – – –
Chez ma mère ce « renoncement » est survenu à l’âge de 82 ans quand elle s’est dit qu’elle en avait fini avec les colorations qui lui grattaient la tête.
Chez une de mes amies, il est arrivé l’année de ses cinquante ans qui est aussi l’année de son coming out. Chez une autre, le « renoncement » s’est traduit par une prise de poids d’un niveau irréversible. Demain le poids, après demain les poils, abyssale dégringolade.

Chez moi ce renoncement arrivera un jour forcément. Alors je n’achèterai plus de magazines féminins, je ne porterai plus de chaussures à talons, et je ferai de grosses économies de cosmétique. Une paire de Geox, un jogging gris et roulez vieillesse. Confort et praticité, cousins ennemis du futile ravissant.

Nous avons besoin de faire attention à nous, parce que nous sommes vivantes, parce que nous nous aimons un peu plus comme ça, et que si en plus on y rajoute des choses qui ne se démoderont jamais comme l’élégance et le sourire, c’est encore meilleur.

Alors faut-il garder ses cheveux blancs ?

Oui, si vous le voulez bien.

Non parce que vous le valez bien

 

Post écrit en écoutant la leçon de piano du petit Doux – Photo : Pierre et Gilles – Modèle : Isabelle Huppert

Publié par

M.

Happy Quinqua, c'est moi !

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